Afrique de l'Ouest: Filtisac, société cotée sur le BRVM, ferme son unité de filature en raison d'une baisse de ses bénéfices

Filtisac SA va fermer son atelier de filature dans le cadre de la restructuration de ses activités liées au jute, suite à une forte baisse de ses bénéfices et de sa trésorerie.

La société cotée à la BRVM a indiqué que cette fermeture s'inscrit dans le cadre d'un plan de rationalisation de ses activités liées au jute, qui ont été affectées par la hausse des coûts de production et des problèmes d'approvisionnement. Au lieu de produire elle-même du fil de jute, Filtisac achètera des bobines toutes prêtes.

Selon un syndicat, cette décision entraînera la suppression de 58 emplois dans l'atelier de filature, ainsi que 26 licenciements supplémentaires dans d'autres services. Trente autres salariés seront réaffectés à d'autres secteurs de l'usine, qui emploie plus de 700 personnes.

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Filtisac a enregistré un bénéfice net de 465,98 millions de CFA en 2025, en baisse de 97,5 % par rapport aux 18,59 milliards de CFA de l'année précédente. Le chiffre d'affaires a progressé de 5 % pour atteindre 32,11 milliards de CFA, mais la hausse des coûts logistiques, l'augmentation des prix des matières premières et les perturbations dans l'approvisionnement en jute en provenance du Bangladesh ont pesé sur les marges. Le bénéfice de 2024 avait également été soutenu par des éléments exceptionnels, notamment des cessions d'actifs.

La trésorerie nette de la société est passée d'un solde positif de 18,83 milliards de CFA l'année précédente à un solde négatif de 11,52 milliards de CFA à la fin de l'année 2025, suite au versement d'un dividende de 28,22 milliards de CFA et à des besoins accrus en fonds de roulement. Aucun dividende ne sera versé au titre de l'exercice 2025. L'action Filtisac a clôturé à 2 120 CFA le 23 juin, en baisse de 4,5 % depuis le début de l'année et d'environ 60 % sur les douze derniers mois.

Points clés à retenir

La restructuration de SFiltisac montre à quelle vitesse les entreprises industrielles peuvent se retrouver sous pression lorsque des chocs de coûts, des perturbations d'approvisionnement et une faiblesse de la trésorerie se produisent simultanément. Le chiffre d'affaires de l'entreprise a certes continué de progresser en 2025, mais cela n'a pas suffi à préserver ses marges, car les coûts logistiques, les prix du jute et les contraintes d'approvisionnement ont tous joué en sa défaveur.

La décision de cesser la production interne de fil de jute est une mesure de maîtrise des coûts, mais elle s'accompagne de suppressions d'emplois et montre à quel point la pression est devenue forte. La détérioration de la trésorerie est également importante. Le versement d'un dividende important en 2024, combiné à un fonds de roulement affaibli, a laissé à l'entreprise moins de marge de manoeuvre pour absorber les chocs.

Le marché a déjà réagi, le cours de l'action ayant fortement chuté par rapport à son plus haut niveau de 2025. Le premier trimestre 2026 a affiché des volumes de vente plus soutenus, soutenus par la demande du secteur du cacao, mais les investisseurs auront besoin de preuves que la restructuration peut rétablir les marges, stabiliser la trésorerie et soutenir les résultats avant que la confiance ne revienne.

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