Ile Maurice: Opération de nettoyage à la rue des Oursins, Baie-du-Tombeau

«They care!» Ministre, police de l'environnement, conseil de district, voirie : en quelques heures, la machine institutionnelle s'est mise en marche. Reste que nettoyer un terrain est une chose, ; éradiquer l'incivilité en est une autre.

À la suite de notre rubrique Who cares?, publiée ce lundi 6 juillet, qui décrivait l'état de dégradation de la rue des Oursins, à Baie-du-Tombeau - tuyau obstrué, terrain vague transformé en aire de déversement, dépôts sauvages -, le ministère de l'Environnement a réagi dès ce matin. La police de l'environnement a été dépêchée sur les lieux et a coordonné son intervention avec le conseil de district concerné afin qu'une opération de nettoyage soit menée.

Interrogé sur la situation, l'inspecteur Amasay Vishwanaden de la police de l'Environnement assure que le nettoyage devait être achevé demain. Il reconnaît toutefois, avec lassitude, qu'il s'agit d'une situation récurrente : les dépôts sauvages sont signalés, le site est nettoyé, puis, quelques jours plus tard, il retrouve son état d'insalubrité habituel.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Il précise que son unité, forte de 36 agents - dont 30 sur le terrain et six à l'administratif -, doit couvrir un vaste territoire. «C'est compliqué d'être partout à la fois», explique-t-il, ajoutant que «c'est la mentalité des gens qui est le problème». Des contraventions, sous forme de fixed penalties de Rs 25 000, ont déjà été dressées, précise-t-il, ajoutant que les ordures concernées relèvent majoritairement de domestic waste.

L'état de la rue des Oursins, à Baie-du-Tombeau, avant et après l'opération de nettoyage menée par les autorités.

Un constat qui interroge. Le service de la voirie assure pourtant une collecte régulière des déchets ménagers dans les quartiers. Pourquoi, dès lors, certains continuent-ils à recourir aux dépôts sauvages plutôt qu'à un service déjà en place et financé par les deniers publics ?

Cette interrogation rejoint celle soulevée par le ministre Rajesh Bhagwan dans son discours du Budget, lorsqu'il évoquait des compatriotes qui «continuent à décharger les déchets n'importe où», alors même que des solutions existent. Contacté, le ministre a réaffirmé sa position : «Se popilasion ki pa care.»

Affiche de l'opération «Crackdown» en croisade contre les dépôts sauvages.

Il a également indiqué qu'un projet de lutte contre l'incivilité est en préparation, de même qu'un projet de loi prévoyant l'imposition de travaux d'intérêt communautaire aux contrevenants, en complément des amendes déjà en vigueur. Cette initiative s'inscrit dans la continuité des annonces faites lors de la présentation du Budget 2026-2027, où le ministre avait présenté la salubrité comme l'une des principales préoccupations des Mauriciens. Il avait également annoncé le relèvement de l'amende pour dépôt illégal de déchets à Rs 50 000, contre Rs 20 000 auparavant. Cette mesure devrait entrer en vigueur d'ici octobre 2026.

Par ailleurs, une opération Crackdown, menée en collaboration avec Mauri-Facilities, a été lancée depuis le début du mois de juillet afin de lutter plus fermement contre ce fléau. L'initiative vise à éradiquer plus d'une centaine de points noirs identifiés à travers le pays, dans un contexte marqué par une recrudescence des cas de leptospirose et de chikungunya. Des panneaux d'avertissement seront installés sur chacun de ces sites.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.