Congo-Kinshasa: Les priorités du pays au Conseil de sécurité de l'ONU

À la tête du Conseil de sécurité de l'ONU durant tout le mois de juillet, la RDC veut faire avancer la lutte contre les violences sexuelles, l'impunité et la protection des civils.

Depuis le 1er juillet 2026, la République démocratique du Congo assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies pour une durée d'un mois. Une responsabilité diplomatique majeure qui place Kinshasa au centre des discussions internationales sur les questions de paix et de sécurité. Cette présidence offre à la RDC une occasion unique de faire entendre ses priorités et de mettre en lumière les défis auxquels elle est confrontée, en particulier dans sa partie orientale, marquée depuis plusieurs décennies par les conflits armés et les violations des droits humains.

À la tête du Conseil de sécurité, la RDC entend promouvoir plusieurs dossiers jugés essentiels. Parmi eux figurent la gouvernance des ressources naturelles, la protection des populations civiles affectées par les conflits ainsi que la lutte contre l'impunité.

Pour Kinshasa, cette présidence représente également une opportunité de sensibiliser davantage la communauté internationale aux conséquences sécuritaires et humanitaires de l'instabilité persistante dans l'Est du pays.

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Les femmes au coeur de l'agenda congolais

Parmi les priorités retenues par la RDC figure l'agenda "Femmes, Paix et Sécurité". Les autorités congolaises souhaitent renforcer les mécanismes de prévention et de lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits armés.L'objectif est aussi d'améliorer la prise en charge et la protection des survivantes, de favoriser l'accès à la justice et de combattre l'impunité dont bénéficient encore de nombreux auteurs de ces crimes.

Ces questions seront au centre d'une séance du Conseil de sécurité prévue le 8 juillet 2026 sous la présidence de la Première ministre congolaise, Judith Suminwa. Pour Anny Mody, responsable de l'ONG Afia Mama, engagée dans la défense des droits des femmes, cette tribune internationale peut contribuer à renforcer la mobilisation autour de la protection des femmes victimes de violences et de leur accès à la justice.

Le Dr Mukwege plaide pour la justice transitionnelle

Figure emblématique de la lutte contre les violences sexuelles en RDC, le Dr Denis Mukwege estime que cette présidence doit également servir à faire avancer la question de la justice transitionnelle.

Prix Nobel de la paix 2018, le gynécologue de Bukavu consacre depuis plus de trente ans son action à la prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles dans l'Est du pays.

Selon lui, la RDC devrait profiter de sa position à la tête du Conseil de sécurité pour promouvoir des mécanismes capables de garantir vérité, justice et réparation aux victimes des conflits.

Renforcer la répression des violations

Le Dr Mukwege appelle également à l'adoption de mesures plus contraignantes contre toutes les personnes et entités impliquées dans les violations des droits humains en RDC.

Pour le Nobel de la paix, la lutte contre l'impunité demeure une condition indispensable à l'instauration d'une paix durable dans l'Est du pays. La présidence congolaise du Conseil de sécurité est ainsi perçue par de nombreux acteurs comme une opportunité de replacer les préoccupations des victimes au coeur de l'agenda international.

Si cette présidence ne dure qu'un mois, elle constitue néanmoins une vitrine diplomatique importante pour la RDC. Les autorités congolaises devront transformer cette visibilité en avancées concrètes sur les dossiers qu'elles défendent, notamment en matière de protection des civils, de droits des femmes et de lutte contre l'impunité.

Pour de nombreux observateurs, la réussite de ce mandat se mesurera à la capacité de Kinshasa à mobiliser ses partenaires internationaux autour de solutions durables en faveur de la paix et de la sécurité.

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