Sénégal: Accès des non-voyants aux textes imprimés - L'INEFJA soulagé par la perspective de ratification du Traité de Marrakech

Thiès — Le directeur de l'Institut national d'éducation et de formation des jeunes aveugles du Sénégal (INEFJA), Aliou Faye, s'est dit soulagé et a exprimé la reconnaissance de son établissement, après l'adoption, en Conseil des ministres, d'une loi autorisant au président de la République de ratifier le Traité de Marrakech datant de 2013, qui permet la reproduction, en braille, des oeuvres publiées, au profit des déficients visuels.

Le 27 juin 2013, lors d'une conférence diplomatique organisée au Maroc, les 186 États membres de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) avaient adopté le Traité de Marrakech, visant à faciliter l'accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d'autres difficultés de lecture des textes imprimés aux oeuvres publiées.

Le Traité est entré en vigueur en septembre 2016 et tous les pays qui l'ont ratifié peuvent l'appliquer.

"Le Conseil des ministres du 1-er juillet 2026 a adopté la loi autorisant le président de la République à ratifier le Traité de Marrakech, nous ne pouvons que nous en réjouir, après avoir porté ce plaidoyer pendant des mois", a indiqué Aliou Faye dans un entretien avec l'APS.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Le directeur de l'INEFJA réagissait à l'adoption, par le gouvernement, de cette décision qui ouvre de nouvelles perspectives aux aveugles, déficients visuels et personnes ayant d'autres difficultés de lecture des textes imprimés.

"Un sentiment de reconnaissance et de soulagement nous anime aujourd'hui, en attendant que la procédure arrive à terme, c'est-à-dire la publication au Journal officiel et le partage du document avec la partie étrangère portée par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI)", a-t-il ajouté.

Selon lui, cette décision de l'État du Sénégal permet d'être "sur la même longueur que la Déclaration universelle des droits de l'Homme et la Convention des Nations unies, relative aux droits des personnes handicapées".

Ce document, relève-t-il, "met l'accent sur les principes de non-discrimination, d'égalité des chances, d'accessibilité et d'une pleine et effective participation sociale inclusive".

Évoquant les avantages de ce traité, M. Faye a souligné qu'après la ratification de ce texte, il sera possible de reproduire en braille des oeuvres intellectuelles, "sans courir le risque d'être interpelé".

"Les élèves déficients visuels de même que les étudiants pourront bénéficier des mêmes chances que les autres vivant sans handicap. Ce qui n'était pas possible jusqu'ici", a-t-il poursuivi.

Le directeur de l'INEFJA note, en outre, que "les déficients visuels ne pouvaient pas jouir de la lecture de beaucoup d'ouvrages", y compris d'oeuvres inscrites à leur programme. De ce fait, "certaines épreuves d'évaluation concernant des oeuvres même de leur programme, ne leur laissaient aucune chance", a poursuivi le directeur de l'INEFJA, se réjouissant de ce que "tout cela devient un vieux souvenir".

L'INEFJA dispose des ressources humaines nécessaires

Pour lui, il revient dès lors à l'INEFJA de "redoubler d'efforts", pour garantir l'accessibilité des ouvrages, que ce soit en braille, en gros caractères ou en audio.

"Et pour ce faire, l'Institut a les ressources humaines nécessaires. Nous avions pris les devants en mettant en place une équipe dynamique de l'OMPI ABC, qui a travaillé à rendre accessibles beaucoup d'ouvrages", a-t-il dit.

Aliou Faye a précisé que "certains écrivains Sénégalais avaient donné l'autorisation de transcrire leurs livres", attestant de la disponibilité d'un "capital humain de qualité".

"Je sais que l'Etat nous accompagnera davantage, comme à l'accoutumée, en ce qui concerne le matériel", a-t-il affirmé.

Il assure que l'INEFJA est "un véritable centre ressources, prêt à collaborer avec les universités et autres structures pour [promouvoir] l'accessibilité".

Il précise toutefois qu'il y a "un travail à faire avec le ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères, sur la documentation de la loi, jusqu'à sa signature et sa publication au Journal officiel, avant de la partager avec l'OMPI".

En attendant que l'INEFJA obtienne "carte blanche" pour la reproduction des ouvrages, Aliou Faye a appelé les autorités à renforcer le stock de matériel dont dispose l'établissement spécialisé.

"Il faudra l'augmenter et l'améliorer à l'échelle. Par exemple, des imprimantes de qualité et thermo-gonflables, du papier braille et papier de mise en relief, des machines à relier, des dispositifs de lecture, des dictaphones etc.", a-t-il plaidé.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.