Avec l'appui du Bureau international du travail (BIT) et de la Banque mondiale, la République du Congo engage une profonde réforme de son système de production des statistiques de l'emploi. Réunis à Brazzaville du 6 au 10 juillet, les experts travaillent à la mise en place d'une enquête trimestrielle sur l'emploi et le secteur informel, une première dans le pays après plus de quinze ans sans données actualisées.
Pendant cinq jours, les participants à l'atelier vont examiner l'adaptation des recommandations issues des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail, portant notamment sur l'emploi, la sous-utilisation de la main-d'oeuvre, les relations de travail, la migration et l'économie informelle. Les travaux portent également sur la finalisation du questionnaire de l'Enquête sur l'emploi et le secteur informel au Congo, qui servira de principale source de données du futur Système d'information sur le marché du travail (Simt), ainsi que sur l'élaboration d'un plan d'action pour la mise en oeuvre d'une enquête trimestrielle sur l'emploi.
Cet atelier est placé sous la supervision d'une mission du BIT conduite par la statisticienne régionale du travail pour l'Afrique, Nedia Touihri. Cette mission vise à accompagner le Congo dans l'adoption des normes internationales relatives aux statistiques du travail et à renforcer les capacités des cadres de l'Institut national de la statistique(INS). Reçue le 7 juillet par le directeur de cabinet du ministre de l'Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective, Sylvain Lekaka, l'experte du BIT a indiqué que sa mission constitue une étape importante de préparation du Simt. « L'objectif est de former et de familiariser les techniciens de l'INS ainsi que les autres institutions aux concepts, définitions et normes internationales en matière de statistiques du travail », a-t- elle expliqué.
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À l'issue de cette phase de renforcement des capacités, l'INS engagera les travaux préparatoires de la future enquête sur l'emploi et le secteur informel, dont le lancement sur le terrain est prévu en janvier 2027. Cette enquête sera réalisée chaque trimestre et permettra de produire régulièrement des indicateurs essentiels du marché du travail, notamment le taux d'emploi, le taux de chômage, le taux d'occupation ainsi que les différents indicateurs de sous-utilisation de la main-d'oeuvre. Selon le directeur général de l'INS, Steve Bertrand Mboko Ibara, la mise en place d'une enquête trimestrielle représente une avancée majeure après quinze ans de l'arrêt de production des statistiques de l'emploi et du secteur informel.
Cette reprise permettra non seulement de disposer de données régulières sur le marché du travail, mais aussi de mieux mesurer le poids du secteur informel dans l'économie nationale, un enjeu essentiel dans le contexte du rebasage des comptes nationaux, conformément au Système de comptabilité nationale 2008. L'enquête annoncée couvrira l'ensemble des quinze départements du pays. Toutefois, avant le début de la collecte des données, plusieurs étapes devront être franchies. Les mois à venir seront consacrés à la sensibilisation des différents acteurs, à la formation des équipes techniques, à la validation des outils méthodologiques et à la réalisation d'un test pilote. Ces travaux préparatoires se poursuivront jusqu'à la fin de l'année.
Le financement de cette réforme est assuré avec l'appui de la Banque mondiale à travers le projet Harmonisation et amélioration des statistiques en Afrique de l'Ouest et du centre. Pour Steve Bertrand Mboko Ibara, le principal défi sera désormais d'assurer la pérennité de ces enquêtes. Il estime que le gouvernement devra progressivement prendre le relais afin de garantir une production régulière et durable des statistiques du travail.