Congo-Kinshasa: Après trois jours d'intenses travaux, Affaires Sociales - Eve Bazaïba lance le chantier des réformes en profondeur

Kinshasa a vécu, du vendredi 3 au mardi 7 juillet 2026, un moment déterminant pour l'avenir du secteur social en République démocratique du Congo. Au Centre féminin Marie-Antoinette, agents et cadres du Secrétariat général aux Affaires sociales ont été soumis à un exercice capital, pour dresser un état des lieux complet de leur administration. Sous la houlette de la Ministre d'Etat, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaïba Masudi, ces assises ont permis de passer au peigne fin les rouages d'un ministère au coeur de la protection des populations vulnérables. Pendant trois jours intenses, vendredi, lundi et mardi, chaque direction a exposé ses missions, ses réalisations, mais aussi ses failles, ses limites et ses besoins urgents. Une radiographie complète qui a permis de faire émerger à la fois les acquis et les dysfonctionnements.

Dans une adresse empreinte d'engagement, le Secrétaire Général aux Affaires Sociales, Gervais Lubango, n'a pas manqué de saluer l'implication personnelle de la Ministre : « Au moment où nous arrivons au terme de cet important atelier d'échange consacré à l'état de lieu du Secrétariat des Affaires Sociales, il m'est particulièrement agréable d'exprimer, au nom de l'ensemble de cadres et agents de notre organisation, notre profonde gratitude à Son Excellence Madame la Ministre d'État pour sa vision, son leadership éclairé et les raisons d'initiative d'avoir organisé ces assises ».

Dans un ton reconnaissant, il a poursuivi en mettant en lumière les défis structurels révélés au cours des travaux : « Les présentations des directeurs et les échanges qui s'en sont suivis ont mis en évidence aussi bien les performances réalisées que les insuffisances, les contraintes et les défis qui restent à relever. Le premier est la nécessité de renforcer davantage la coordination entre le cabinet et le Secrétariat Général afin d'assurer une parfaite cohérence dans la conduite de l'action administrative ».

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Et d'insister sur l'urgence d'une réforme en profondeur : « Le deuxième concerne la rationalisation de nos structures, l'élimination des chevauchements de compétences et la clarification des responsabilités de chaque service. Le troisième met en évidence l'impérieuse nécessité de renforcer la capacité de nos cadres et agents, de moderniser les méthodes de travail et d'améliorer les conditions de fonctionnement de nos services ».

Un engagement ferme a été pris, celui de transformer ces recommandations en actions concrètes : « Nous prenons l'engagement solennel de faire des recommandations formulées au cours de cet atelier un véritable fait de route pour la réforme, la modernisation et l'amélioration continue du Secrétariat général des affaires sociales ».

Prenant la parole à la clôture, Eve Bazaïba Masudi s'est montrée à la fois satisfaite et déterminée. Dans une intervention dense, elle a souligné l'importance de cette introspection collective :

« Je suis particulièrement satisfaite de ces trois journées intenses de travail où nous nous sommes donnés le devoir de tout arrêter afin de procéder à l'introspection. Nous avons ouvert nos gibecières, nous avons plaidé non seulement notre propre cause, mais plus la cause de la République pour laquelle notre bonheur en dépend », a-t-elle affirmé.

La Ministre d'État a clairement annoncé la couleur : des réformes sont inévitables, et certaines structures pourraient disparaître ou être fusionnées.

« Personnellement, je me suis faite une idée à des options élevées sur les services qui nécessitent des réformes ou des services ainsi que des établissements qui nécessitent une fusion ou tout simplement dont nous devons nous débarrasser quand ça devient une béquille qui nous dérange. Il est évident que lorsque l'on procède à une réforme, à une restructuration, c'est la personne humaine qui est au centre de préoccupation ».

La Ministre a également dressé une liste claire des urgences à traiter, notamment la situation sociale des agents, les conditions de travail et les infrastructures :

« J'ai retenu des points importants qui vont nécessiter un approfondissement. Il s'agit en premier lieu de la situation sociale des cadres et agents : la régularisation de la situation administrative, des mécanisations, des nouvelles unités, des primes, des frais de fonctionnement et tout ce qui s'ensuit »

Elle a également insisté sur la nécessité de réhabiliter les infrastructures et de doter les services des moyens adéquats : « On ne peut pas avoir des infrastructures en termes de bâtiments sans outils de travail, sans possibilités de mobilité qui permettent de rendre le travail plus fluide. J'ai retenu aussi des questions très importantes des cas de spoliation du patrimoine des Affaires sociales. Pour ce faire, mon cabinet sera mis en contribution, en collaboration avec l'administration ».

Enfin, des dossiers spécifiques jugés urgents ont été mis en avant, notamment celui de l'ISETAM et de la Fondation Marie-Antoinette : « Il y a le cas de l'ISETAM, pour le sortir des conditions hybrides d'un établissement en même temps public et privé. Il y a également le cas spécifique de la Fondation Marie-Antoinette qui doit être clarifiée pour permettre au ministère de capitaliser les oeuvres et protéger le patrimoine »

Pour s'assurer de la mise en oeuvre effective des décisions, Eve Bazaïba a annoncé une tournée nationale :

« Il ne me reste plus qu'à programmer une tournée, aller voir de mes propres yeux dans tous les services et établissements, que ce soit à Kinshasa ou à l'intérieur du pays. Cela me permettra d'avoir une idée claire entre ce qui a été dit ici et les réalités du terrain ».

Clôturant ces assises sur une note de mobilisation générale, elle a lancé un appel à transformer les conclusions de cet atelier en véritable feuille de route.

« Je voudrais absolument que le secrétariat technique ressorte ces éléments qui vont nous servir désormais de boussoles des réformes et d'amélioration de nos conditions de travail », a exhorté la Ministre d'Etat.

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