Le Cameroun prévoit de porter son budget consacré aux subventions énergétiques à 340 milliards de francs CFA en 2027, mettant ainsi fin à des années de coupes budgétaires et maintenant les prix du carburant et de l'électricité sous le régime des subventions de l'État.
Ce montant est supérieur de 30 milliards de francs CFA aux 310 milliards prévus pour 2026, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029 du pays. Ce projet intervient malgré les appels répétés du Fonds monétaire international en faveur d'une réforme de la tarification des carburants.
Cette augmentation s'inscrit dans le cadre d'une hausse plus générale des transferts et des subventions publiques. Ceux-ci devraient s'élever à 1 246,6 milliards de francs CFA en 2027, contre 1 202,2 milliards de francs CFA en 2026. Les subventions énergétiques représenteront plus d'un quart du total et devraient continuer à augmenter en 2028 et 2029.
Le Cameroun avait réduit les subventions sur les carburants après que leur coût eut atteint près de 1 000 milliards de francs CFA en 2022. Les subventions pétrolières sont tombées à 640 milliards de francs CFA en 2023 et à 263,3 milliards de francs CFA en 2024. La loi de finances de 2025 a ramené la dotation destinée aux subventions sur les carburants à 15 milliards de francs CFA.
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Ce nouveau plan reflète également les tensions qui pèsent sur le secteur de l'électricité. Les tarifs de basse tension sont gelés depuis 2012, alors même que les coûts de production, d'approvisionnement et d'exploitation ont augmenté. Le gouvernement devrait indemniser les opérateurs pour une partie de l'écart entre les coûts et les ventes d'électricité, avec des versements estimés à 79 milliards de francs CFA en 2025 et à 39 milliards de francs CFA en 2026.
Points clés à retenir
L'augmentation des subventions au Cameroun met en évidence la tension entre la réforme budgétaire et le coût de la vie. Le FMI souhaite que le pays s'oriente vers des ajustements automatiques des prix des carburants et vers un soutien ciblé aux ménages les plus démunis. Le gouvernement adopte une approche plus progressive, car les coûts du carburant et de l'électricité ont des répercussions sur les transports, les prix des denrées alimentaires, les entreprises et le budget des ménages.
La hausse prévue pour 2027 ne ramène pas les subventions aux niveaux observés lors du choc des prix de l'énergie, mais elle montre que l'État continue d'utiliser le budget pour absorber une partie du coût. Pour les investisseurs et les bailleurs de fonds, le risque est que les subventions détournent des fonds destinés aux infrastructures, à la santé, à l'éducation et au service de la dette.
Elles rendent également les finances publiques plus vulnérables aux fluctuations des cours du pétrole. Pour les ménages et les entreprises, les subventions peuvent atténuer les chocs de prix à court terme, mais elles peuvent aussi retarder les réformes en matière d'approvisionnement énergétique et de tarification.
La question de l'électricité est centrale. Si les tarifs restent gelés alors que les coûts augmentent, l'État doit continuer à verser des compensations sous peine de se retrouver en situation d'arriérés vis-à-vis des opérateurs. Le défi du Cameroun consiste à protéger les consommateurs tout en mettant en place un système de tarification plus clair, moins coûteux pour le budget et plus crédible aux yeux des partenaires financiers.
