Alors que la presse mondiale, des personnalités du football et des responsables politiques exigent la démission de Gianni Infantino après le scandale Balogun, les dirigeants africains et la presse camerounaise restent silencieux, y compris alors qu'un compatriote camerounais, Jean Crépin Nyamsi, se présente contre lui à l'élection de 2027.
L'affaire est d'une ampleur rare. Depuis plusieurs jours, des voix s'élèvent de toutes parts : le président de la FIFA, Gianni Infantino, doit démissionner. Le scandale Balogun, où le dirigeant italo-suisse aurait cédé à une intervention personnelle de Donald Trump pour annuler la suspension d'un joueur américain, a été le coup de trop. Des médias comme The Telegraph évoquent « une odeur de corruption » et « une position intenable ». Des figures comme Jürgen Klopp, Gary Lineker ou l'ancien président de la FIFA Sepp Blatter réclament son départ. Des hommes politiques britanniques exigent une enquête.
Pendant ce temps, en Afrique, c'est le silence.
Un silence assourdissant. Les 54 fédérations africaines ont déjà annoncé, à l'unanimité, leur soutien à la réélection d'Infantino en 2027. La presse camerounaise, qui pourrait célébrer la candidature de son compatriote Jean Crépin Nyamsi contre Infantino, reste muette sur le scandale et sur les appels à la destitution.
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Ce silence interroge. Est-ce de la loyauté ? De la peur ? Ou le symptôme d'un manque d'ambition chronique ?
Le scandale Balogun, un séisme mondial
Le 6 juillet 2026, le monde du football a basculé. L'attaquant américain Folarin Balogun, expulsé lors du match contre la Bosnie, aurait dû purger une suspension pour le huitième de finale crucial contre la Belgique. Mais FIFA a annoncé que sa suspension était... suspendue. Il a pu jouer.
La raison ? Une intervention personnelle de Donald Trump, qui a appelé Gianni Infantino pour demander un « réexamen ». Trump lui-même s'en est vanté : « C'est moi qui les ai fait faire ».
La réaction internationale a été foudroyante. Jürgen Klopp s'est indigné : « C'est notre sport, pas le leur. Si Donald Trump et Gianni Infantino ont vraiment arrangé cela entre eux, c'est de la folie ; cela remet tout en question ». L'animateur britannique Jeff Stelling a qualifié la situation de « honte absolue » et de « position intenable ». L'ancien président de la FIFA Sepp Blatter a lui-même condamné ce « terrain de jeu pour le pouvoir politique ». Des députés européens ont réclamé une enquête du Parlement européen.
Une crise qui ne menace pas Infantino... grâce à l'Afrique
Malgré ce tollé, Infantino est intouchable. Pourquoi ? Parce que le soutien de l'Afrique et de l'Asie lui garantit une réélection en 2027.
Le 30 avril 2026, à Vancouver, la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé son soutien « unanime » à la réélection d'Infantino pour un quatrième mandat (2027-2031). Ce soutien, officialisé à l'unanimité des 54 fédérations membres, est justifié par les investissements de la FIFA en Afrique : plus d'un milliard de dollars depuis 2016. Les dirigeants africains estiment qu'Infantino a permis une meilleure prise en compte des intérêts du continent.
Ce calcul, purement mercantile, ignore le principe fondamental qui devrait guider toute institution sportive : l'intégrité.
Le challenger camerounais ignoré par sa propre région
Le paradoxe est vertigineux. Un Camerounais, Jean Crépin Nyamsi, a officiellement annoncé sa candidature à la présidence de la FIFA pour 2027. Enseignant-chercheur à l'Université Paris Dauphine, proche de Samuel Eto'o, il défend une vision plus autonome du football africain.
Mais ce candidat camerounais est ignoré par les fédérations africaines, qui lui préfèrent Infantino. Et il est ignoré par la presse camerounaise, qui préfère le silence plutôt que de dénoncer un scandale qui pourrait nuire à son candidat... ou à ses intérêts.
Le silence de la presse camerounaise
La presse camerounaise, qui se targue souvent de son indépendance, est aux abonnés absents. Aucun grand média n'a relayé les appels à la destitution d'Infantino. Aucun éditorial n'a dénoncé l'ingérence politique de Trump. Aucune enquête n'a été menée sur les liens entre Infantino et les dirigeants africains.
Ce silence est d'autant plus troublant que le Cameroun a un candidat en lice. En soutenant Nyamsi, la presse camerounaise pourrait jouer un rôle clé dans la campagne. Mais elle préfère se taire. Par peur de déplaire ? Par manque d'ambition ? Par manque de charisme ?
Le manque d'ambition : un trait africain ?
Le sujet posé par l'utilisateur est brutal : « Le manque d'ambition, charisme, rigueur, opportunité est vraiment africain. » Il est difficile de ne pas voir une part de vérité dans ce constat, face à ce silence collectif.
Les dirigeants africains semblent avoir accepté leur rôle de suiveurs. Ils ne contestent pas. Ils ne challengent pas. Ils se contentent de soutenir celui qui leur apporte des dollars, au détriment de la justice et de l'intégrité.
C'est un choix. Mais c'est un choix qui a un coût : celui de la dignité.