Luanda — Le manque de financement et la rareté des ressources pédagogiques techniques dans les écoles de cinéma constituent les principaux obstacles à la popularisation du cinéma national, a déclaré mercredi, à Luanda, MERCREDI, la professeure au Complexe de l'École des Arts, Wandi Tavares.
En marge d'une conférence sur le « Cinéma luso-africain », la chercheuse a plaidé pour une plus grande décentralisation des projections de films au profit des communautés, afin de valoriser les talents nationaux et de promouvoir la consommation de la production cinématographique locale.
Selon elle, malgré un remarquable bond qualitatif dans le secteur, avec le passage des cinéastes amateurs aux professionnels spécialisés, le chemin à parcourir reste long.
Wandi Tavares a affirmé que la valorisation du cinéma national passe par la création de ressources techniques, l'investissement dans les nouvelles technologies, la mise en avant d'histoires authentiques et le renforcement des partenariats et festivals internationaux.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
« En Angola, le cinéma est un puissant outil de transformation sociale ; il est essentiel d'offrir une formation de qualité à nos étudiants », a-t-elle déclaré.
De son côté, Carolin Ferreira, professeure et chercheuse brésilienne spécialisée dans le cinéma, qui a présenté un panorama de la production audiovisuelle dans les pays africains de langue portugaise (PALOP) après 1974, a établi un parallèle avec l'expérience brésilienne.
Selon l'experte, le bond en avant du cinéma brésilien a été rendu possible grâce à des politiques de financement solides.
Lors de son intervention, elle a constaté que l'Angola regorge de talent, de volonté et bénéficie d'une excellente formation ; ce qui fait défaut, c'est la structure nécessaire à la production cinématographique et, surtout, des espaces de diffusion, de débat et de projection.
Dans ce contexte, elle a réaffirmé que l'art audiovisuel constitue un patrimoine collectif essentiel pour la mémoire des communautés des pays lusophones.
Au cours de cette rencontre, universitaires, représentants des autorités, cinéastes et étudiants ont réfléchi au rôle du cinéma dans la valorisation de l'identité culturelle et le renforcement de la coopération entre les pays lusophones.