Congo-Kinshasa: Funeste coup de filet!

L'Est de la République Démocratique du Congo s'enfonce chaque jour un peu plus dans les abysses de la terreur et de l'arbitraire. Dans la nuit du 6 au 7 juillet, à en croire la radio okapi, la ville de Goma a de nouveau basculé dans l'angoisse absolue. Près de cinquante jeunes gens, parmi lesquels figurent de nombreux mineurs, se sont littéralement volatilisés.

Ce rapt de masse fait suite à une opération de bouclage d'une brutalité inouïe. Menée par les éléments de l'AFC/M23 aux abords du camp militaire de Katindo, cette rafle ciblée s'en prend au coeur battant de la jeunesse locale. Les avenues Salongo 3 et Katoyi 1, situées à Mabanga-Nord et Kasika, portent encore les stigmates de cette rafle nocturne. Le mode opératoire décrit par les familles brise le coeur et glace le sang. Regroupés au stade du camp de Katindo, ces adolescents et jeunes adultes ont ensuite été entassés à bord de camions militaires. Leur destination demeure inconnue.

Depuis ce funeste coup de filet, un silence de plomb enveloppe leur destin. Pas un mot des ravisseurs, pas la moindre explication officielle. Cette absence de communication nourrit les pires certitudes au sein des familles : celle d'un enrôlement forcé pour alimenter une guerre sanglante qui n'est pas la leur. Utiliser des mineurs comme chair à canon constitue une violation flagrante des lois internationales.

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Face à ce drame humanitaire majeur, le Conseil urbain de la jeunesse de Karisimbi a courageusement rompu le silence ce mercredi 8 juillet. Son appel résonne comme un cri de détresse universel. Il s'adresse directement aux organisations de défense des droits humains, tant nationales qu'internationales. L'heure n'est plus aux déclarations d'intention mais à une action urgente.

Il faut impérativement exiger des comptes et forcer la transparence des forces de l'AFC/M23. Le droit international humanitaire et la Convention relative aux droits de l'enfant sont ici bafoués sans vergogne. Cette tragédie s'inscrit malheureusement dans une campagne d'intimidation bien plus large. Le 1er juillet dernier déjà, la liesse populaire autour d'un but des Léopards face à l'Angleterre s'était transformée en cauchemar. Des arrestations massives avaient ciblé des civils innocents en pleine fête.

Si 31 personnes ont recouvré la liberté le 3 juillet, le sort de nombreux autres citoyens demeure incertain. Goma subit une stratégie d'asphyxie systématique qui vise à vider la ville de sa force vive et à paralyser toute sa population par la peur. La communauté internationale ne peut plus fermer les yeux. Les familles brisées ont le droit absolu de savoir où sont détenus leurs enfants.

Chaque minute de silence coupable valide la barbarie ambiante. La société civile réclame des garanties judiciaires et le respect strict des libertés fondamentales. Protéger la jeunesse de Goma n'est pas une option politique, c'est un impératif moral absolu. Si nous abandonnons ces cinquante enfants à l'oubli, c'est l'avenir entier de la région que nous sacrifions.

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