Afrique: Beldine Odemba (Kenya) - « Nous n'allons pas à la CAN pour faire de la figuration »

Dix ans après leur baptême du feu historique, les Harambee Starlets s'apprêtent à retrouver les sommets du football africain. Qualifiée pour la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations féminine, la sélection kényane ne compte pas voyager en touriste. Alors que le compte à rebours s'accélère, la sélectionneuse Beldine Odemba affiche la couleur : le Kenya vise le dernier carré, synonyme de billet historique pour le Mondial 2027.

Le Mondial en ligne de mire

Sur le sol marocain, l'enjeu sera double. Au-delà du titre continental, la CAN offrira quatre tickets directs pour la grand-messe planétaire. Un défi immense que les Kényanes abordent sans complexe.

« Nous n'y allons pas juste pour participer, mais pour rivaliser », a martelé Odemba au micro de CAFOnline.com. « L'équipe a énormément grandi ces dernières années. Nous avons progressé dans tous les compartiments du jeu. Nous allons nous frotter au gratin du continent, mais nous avons les armes pour répondre présent. »

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Cette qualification confirme la dynamique vertigineuse du football féminin kényan, portée par l'exploit historique des U17, qualifiées l'an dernier pour le Mondial de leur catégorie en République Dominicaine. Pour la technicienne, ce n'est que le début de l'histoire : « Le talent a toujours été là. Ce qui manquait, c'étaient les opportunités. Aujourd'hui, nos joueuses s'exportent à l'étranger, c'est le signe que nous avançons dans la bonne direction. »

Un crash-test réussi en Zambie

Pour leur deuxième phase finale de CAN, les Starlets affinent leurs réglages. Lors d'un tournoi amical en Zambie, elles ont d'abord tenu tête aux locales (1-1, défaite aux tirs au but), références du continent, avant de balayer le Lesotho (6-0).

« La Zambie a l'expérience du Mondial et des JO, ce nul nous a donné d'immenses certitudes », décrypte Odemba. « Le match face au Lesotho, lui, a fait du bien à notre efficacité offensive. C'était la préparation idéale. »

À deux semaines du coup d'envoi, la coach estime son groupe « prêt à 60 % ». La dernière ligne droite s'annonce intense : après un pré-stage local début juillet, les Kényanes s'envoleront pour deux semaines de stage commando en France, avant de rallier directement le Maroc.

Le "groupe de la mort" dans le viseur

Il faudra bien cela pour s'extirper d'un groupe A particulièrement relevé, où le Kenya défiera le Maroc (pays hôte), l'Algérie et le Sénégal. Un véritable groupe de la mort qui n'effraie pas la sélectionneuse.

« Ce ne sera pas simple, c'est évident. Mais si notre objectif est le Mondial, il faut battre les meilleures. Affronter ces équipes d'entrée peut nous donner un élan de confiance. Je n'ai aucune crainte, j'ai une confiance aveugle en mes joueuses. »

D'autant que les Starlets connaissent la musique : « Nous avons déjà joué le Maroc et l'Algérie, nous savons à quoi nous attendre. Le Sénégal reste l'inconnu, mais ce sera un combat. Une chose est sûre : si ce sera dur pour nous, ce ne sera pas un cadeau pour nos adversaires non plus. »

Dix ans après leur première apparition, les Kényanes voient plus grand. Bien décidées à marquer les esprits au Maroc, elles comptent bien forcer les portes du destin et s'offrir leur premier Mondial.

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