Face à la raréfaction des ressources halieutiques, à la mobilité croissante des pêcheries et aux effets du changement climatique, les organisations professionnelles de la pêche artisanale du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau franchissent une nouvelle étape dans la coopération sous-régionale.
À l'initiative de la Confédération Africaine des Organisations Professionnelles de la Pêche Artisanale (CAOPA), avec l'appui financier de Fauna & Flora, des commissions mixtes seront mises en place afin de renforcer la gouvernance concertée des ressources marines partagées.
L'objectif est de donner davantage de place aux pêcheurs artisans, aux femmes transformatrices et aux mareyeurs dans les mécanismes de décision relatifs à la gestion des ressources halieutiques communes. Ces acteurs, qui partagent les mêmes zones de pêche, les mêmes marchés et les mêmes difficultés, entendent désormais porter une voix commune dans les processus de coopération entre les États de la sous-région.
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S'appuyant sur l'expérience réussie de la commission mixte Mauritanie-Sénégal créée en 2008, la CAOPA accompagne aujourd'hui la création de deux nouvelles instances de concertation : NAAFO-CONIPAS entre la Gambie et le Sénégal, ainsi que RENAMUP-GB-CONIPAS entre la Guinée-Bissau et le Sénégal. Une réunion préparatoire est prévue à Ziguinchor le 11 juillet 2026 avant les concertations de Banjul (13 et 14 juillet) et de Bissau (16 et 17 juillet), destinées à formaliser ces nouveaux cadres de coopération.
Selon la CAOPA, ces commissions mixtes constitueront des espaces permanents de dialogue entre les organisations professionnelles. Elles devront faciliter le suivi des accords de coopération, améliorer la circulation de l'information, prévenir les conflits liés à la pêche transfrontalière et formuler des propositions concrètes aux autorités nationales.
Pour le président de la CAOPA, Gaoussou Gueye, la gestion durable des ressources marines ne peut se faire sans une implication directe des professionnels du secteur. « Les frontières séparent les États, mais elles n'arrêtent ni les poissons, ni les pêcheurs », souligne-t-il, estimant que les pêcheurs artisans doivent être considérés comme de véritables partenaires dans la préservation des ressources halieutiques.
À travers cette initiative, la CAOPA réaffirme son ambition de promouvoir une gouvernance des pêches plus inclusive, plus transparente et davantage fondée sur la coopération entre les organisations professionnelles africaines. Le modèle pourrait, à terme, servir de référence à d'autres pays du continent confrontés aux mêmes défis de gestion des ressources halieutiques partagées.