Ile Maurice: Le Travail enquête sur des transferts d'actifs avant la mise sous administration

La situation des anciens employés de plusieurs filières du groupe Evaco était au centre d'une rencontre au ministère du Travail, mercredi. Accompagnés du négociateur syndical Ashvin Gudday, ces travailleurs ont exposé leurs difficultés au ministre Reza Uteem, notamment sur des salaires qui n'auraient toujours pas été versés et des inquiétudes liées à la gestion du groupe avant son entrée en receivership.

Plusieurs employés expliquent avoir reçu leur lettre de licenciement, mais n'auraient pas encore obtenu trois mois de salaire qui leur seraient dus. Ils évoquent également l'accumulation de leurs dettes personnelles et factures, alors que leur situation financière devient de plus en plus difficile.

À l'issue de cette réunion, le ministre du Travail a indiqué que certains éléments rapportés par les travailleurs étaient «extrêmement troublants» et que des questions se posent sur le processus de licenciement de certains employés et de possibles transferts effectués avant ces départs. Il souligne que le ministère devra vérifier si les procédures prévues par la loi, dont le recours au Redundancy Board dans certaines situations, ont bien été respectées.

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Reza Uteem a également évoqué des informations rapportées par les employés concernant de possibles transferts d'actifs avant la mise sous administration du groupe. Il précise qu'il s'agit, à ce stade, d'allégations qui devront être examinées. Le ministre fait référence au concept d'asset stripping, qui consiste à transférer des actifs ou biens d'une entreprise là où cela pourrait affecter les droits des créanciers ou employés.

Selon les informations communiquées par les travailleurs, certaines opérations de filiales du groupe, dont Evaco Restaurant Holdings Limited, ainsi que des véhicules appartenant au groupe, soulèvent des interrogations. «Si ces informations sont confirmées, les conséquences pourraient être sérieuses», a déclaré le ministre, rappelant que l'Insolvency Act prévoit des dispositions permettant d'examiner et, dans certains cas, d'annuler des transactions réalisées à des conditions jugées inappropriées.

Reza Uteem indique avoir déjà échangé avec l'administrateur du groupe, Mushtaq Oosman, pour lui demander d'assumer les responsabilités de son mandat. Le ministère prévoit également de convoquer le directeur concerné, Arnaud Mayer, afin qu'il puisse répondre aux préoccupations soulevées. Pour le gouvernement, la priorité demeure le règlement des sommes dues aux travailleurs concernés - salaires, indemnités pour leur temps de service et contributions au Portable Retirement Gratuity Fund, conformément aux obligations légales. Les prochaines étapes dépendront désormais des vérifications que mèneront les autorités compétentes.

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