Tunisie: Les deux-roues impliqués dans 50 % des accidents, l'État impose un cahier des charges pour les casques

10 Juillet 2026

Le gouvernement tunisien durcit le ton et adapte son arsenal réglementaire face au fléau des accidents de la route. En effet, l'Observatoire national de la sécurité routière (ONSR) annonce une refonte législative majeure axée sur le contrôle automatisé. Le ministère de l'Intérieur déploie une stratégie décennale pour freiner l'hécatombe sur les routes, ciblant le port du casque et de la ceinture de sécurité.

Intervenant ce matin du vendredi 10 juillet 2026 au micro de la Radio Nationale, Mohamed Amine Souguir, directeur de la gestion des données et des études à l'ONSR, a dressé un bilan alarmant : « les motocyclettes et deux-roues motorisés sont responsables d'environ 50 % des sinistres routiers à l'échelle nationale ». Le haut responsable a fustigé le comportement des conducteurs de deux-roues, qualifiant leur conduite de « chauffardise » et pointant du doigt un refus caractérisé de se conformer aux règles élémentaires du code de la route.

Pour endiguer ce phénomène, l'ONSR a annoncé la publication imminente d'un cahier des charges inédit et contraignant régissant l'importation, la fabrication et la commercialisation des casques de protection en Tunisie. Mohamed Amine Souguir a insisté sur le fait que les casques devront obligatoirement répondre aux normes d'homologation techniques strictes notamment l'absorption des chocs et la résistance des matériaux, et ce, pour minimiser l'impact des traumatismes crâniens lors des collisions.

« L'objectif de ce texte réglementaire est également d'assainir le marché des contrefaçons et de rationaliser les circuits de distribution afin de faciliter l'achat de casques certifiés et accessibles financièrement pour l'ensemble des usagers de motocycles », note-t-il.

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Radar automatique et plan décennal du ministère de l'Intérieur

Cette mise à niveau s'intègre dans une refonte globale de la législation routière tunisienne. L'Observatoire indique une collaboration étroite avec les ministères régaliens pour introduire de nouvelles technologies de surveillance. L'accent sera particulièrement mis sur la généralisation du contrôle automatisé, notamment les radars intelligents et les vidéo-verbalisation numérique, et ce, pour éliminer le facteur de l'intervention humaine.

En parallèle, le ministère de l'Intérieur vient de valider le déploiement opérationnel d'une feuille de route globale qui s'inscrit dans le cadre d'une stratégie nationale de sécurité routière articulée autour d'un plan d'action transversal échelonné sur les 10 prochaines années.

Dans cet ordre d'idées, le directeur des études a conjuré les usagers de la route à faire preuve de responsabilité civique et de se conformer au strict respect des règles de survie au volant. Il a rappelé avec rigueur des données scientifiques incontestables où le port systématique de la ceinture de sécurité réduit la gravité des accidents mortels de 50 % à 75 %.

L'ONSR exhorte enfin les automobilistes à éliminer définitivement l'utilisation du téléphone portable au volant et qui s'avère le premier facteur de distraction routière et à modérer leur vitesse pour pacifier les axes routiers de la République au coeur d'une saison estivale où la route est plus peuplée que durant les basses saisons ».

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