Ile Maurice: Le rotin - Un savoir-faire familial qui traverse les générations à Brisée-Verdière

Le rotin, cette matière naturelle qui a marqué le quotidien de nombreux Mauriciens, continue de faire revivre les souvenirs d'une autre époque. Utilisé depuis des années dans la fabrication de meubles et d'objets artisanaux, le rotin provient de certaines espèces de palmiers originaires d'Asie du Sud-Est. Son nom vient du mot malais rotang, qui désigne ces plantes appartenant à la famille des palmiers.

À Brisée-Verdière, un artisan continue de faire vivre ce savoirfaire devenu rare. Avec près de 40 ans d'expérience, Said Moosbally (ci-contre) travaille encore aujourd'hui le rotin avec passion, un métier qu'il a appris auprès de son père.

«C'est un travail familial. Mon père est toujours là, il a aujourd'hui 86 ans. Il a arrêté de travailler à l'âge de 78 ans, et c'est à ce moment-là que j'ai pris la relève», raconte-t-il.

Son histoire avec le rotin commence alors qu'il était encore à l'école. Après les classes, il rejoignait son père dans l'atelier familial pour l'aider et apprendre les gestes de ce métier. À cette époque, tout était réalisé manuellement. Chaque création demandait du temps, de la patience et beaucoup de précision. Aujourd'hui, certaines machines facilitent le travail, mais la passion et le savoir-faire restent les mêmes.

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«J'ai beaucoup appris de mon père. Après, j'ai continué à apprendre par moi-même. J'ai découvert de nouvelles techniques et j'ai continué à perfectionner mon travail», explique-t-il. Mais au fil des années, le métier a évolué. Le rotin est devenu plus difficile à trouver. «Avant, on allait acheter le rotin à Port-Louis. Aujourd'hui encore, je continue à m'y rendre pour en trouver, mais c'est devenu beaucoup plus compliqué», confie-t-il.

Les artisans qui travaillent encore cette matière se font également de plus en plus rares. Pourtant, pour Said Moosbally, il ne faut pas oublier la beauté du rotin et tout ce qu'il représente. Car derrière chaque objet fabriqué se cachent des heures de travail, un héritage familial et une partie du patrimoine mauricien.

Des objets qui réveillent des souvenirs

Lors de notre visite dans son atelier à Brisée-Verdière, plusieurs créations ont immédiatement rappelé des souvenirs à toute une génération de Mauriciens. De petites chaises pour enfants en rotin, ces poubelles que l'on retrouvait autrefois dans les salles de classe des écoles, mais aussi des fauteuils et des canapés qui faisaient partie du décor de nombreuses maisons. Des objets simples, mais qui racontent une grande partie de notre histoire et réveillent les souvenirs d'une autre époque.

Mais un objet en particulier reste gravé dans la mémoire de beaucoup : le fameux «rotin bazar».

Pendant longtemps, le «rotin bazar» a fait partie du quotidien de nombreux enfants mauriciens. À cette époque, certains parents en achetaient pour corriger leurs enfants à la maison. Dans certaines écoles également, il était utilisé comme moyen de discipline. Aujourd'hui, cet objet devenu rare a presque disparu du paysage mauricien, au point que certains jeunes ne savent même plus ce qu'est un «rotin bazar». Pourtant, pour toute une génération, il reste un souvenir marquant de leur enfance.

Said Moosbally raconte qu'autrefois, de nombreux parents se rendaient dans son atelier pour acheter des «rotin bazar». Des années plus tard, certains visiteurs reviennent encore lui parler de leurs souvenirs liés à cet objet qui faisait partie de leur quotidien.

Au-delà du «rotin bazar», c'est toute une époque qui refait surface : les salles de classe d'autrefois, les meubles en rotin dans les maisons et ces objets fabriqués avec patience par des artisans passionnés.

À travers son atelier de Brisée-Verdière, Said Moosbally continue de préserver un savoir-faire devenu rare. Un métier où chaque tressage raconte une histoire : celle d'une famille, d'une passion et d'un patrimoine mauricien qu'il est important de transmettre aux générations futures.

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