Afrique: Amnesty dénonce une quatrième expulsion de migrants par les États-Unis vers un pays africain

Plus de 8 000 ressortissants étrangers ont été pris en charge en vue de leur rapatriement au poste-frontière de Beitbridge en moins de deux semaines, selon les chiffres du gouvernement sud-africain. Ces départs interviennent après plusieurs semaines de menaces et de violences liées à des manifestations hostiles à l'immigration.

L'ONG appelle les Etats et organisations régionales à dénoncer et refuser cette politique américaine.

Selon l'ONG, onze personnes sont arrivées le 8 juillet sur le sol de l'Eswatini. Amnesty demande aux autorités du pays de révéler l'identité de ces personnes, où elles sont détenues et quel est le fondement juridique de leur détention. Pour Amnesty, ces tranferts, déjà observés au Soudan du Sud, au Ghana, au Cameroun, sont illégaux parce qu'ils ne respectent pas les garanties procédurales prévues par le droit international.

Nkanyiso Mtolo, chargé de la campagne régionale pour Amnesty pour l'Afrique de l'est et l'Afrique australe, rappelle que les Etats d'africains devraient refuser de participer à cette politique américaine et que la Commission africaine des droits humains et des peuples s'est prononcée en ce sens. « La Commission africaine des droits humains et des peuples a qualifié ces expulsions de violation de la Charte africaine, parce qu'elles sont contraires à des principes fondamentaux : le droit d'un individu à faire un recours contre son expulsion, mais aussi le droit d'être protégé contre le risque de refoulement. C'est-à-dire se retrouver transféré vers un pays où il y a un risque réel de violations des droits humains. »

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Cette prise de position de la Commission africaine est « très encourageante », estime Nkanyiso Mtolo, mais elle ne doit pas restée isolée. « Nous appelons également les communautés économiques régionales, qu'il s'agisse de la SADC ou de tout autre pays ou communauté régionale -- à qualifier ces expulsions pour ce qu'elles sont : des pratiques abusives et totalement contraires aux droits humains. Et à veiller à ne pas devenir les récepteurs ou les hôtes d'une externalisation des obligations en matière de droits humains qu'il incombe à chaque État de respecter. »

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