Burkina Faso: Vente illicite des fils et pagnes tissés importés - La BMCRF saisit un important lot et scelle des magasins au marché 10 yaar

12 Juillet 2026

La Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes a mené une opération de contrôle et de saisie inopinés d'un important lot de fils à tisser et de pagnes importés au marché 10 yaar, vendredi 10 juillet 2026, à Ouagadougou.

Afin de freiner l'impor-tation des fils à tisser qui nuit au développement du secteur de la transformation locale notamment la Filature du sahel (FILSAH), la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) est passée à l'action. En effet, elle a mené une opération inopinée de contrôle et de saisie au marché 10 yaar, vendredi 10 juillet 2026, à Ouagadougou. Après un contrôle rigoureux sur plusieurs boutiques, les agents de la BMCRF ont confisqué un important stock de pagnes tissés avec des fils mélangés importés et de Faso Danfani contrefait.

En plus de cela, ils ont scellé des boutiques et magasins et invité les acteurs à venir répondre de leurs actes à la BMCRF. L'objectif du contrôle était de vérifier la qualité des fils à tisser et pagnes tissés et inspecter les documents de vente conformément à la loi. Le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, a mentionné que ces derniers temps, les informations de la Filature du sahel (FILSAH) concernant l'industrie textile ne sont pas bonnes. Parce que le chiffre d'affaires, l'un des éléments essentiels pour la santé financière de cette industrie, est en baisse du fait de la concurrence déloyale des importations.

Pour lui, il est donc impératif d'éradiquer la présence de tout fil à tisser et pagne tissé concurrençant de manière déloyale l'industrie textile sur les marchés burkinabè. En termes de bilan des saisies, il a confié que les opérations se poursuivent et au moment opportun, un bilan chiffré et détaillé sera dressé pour alerter l'opinion publique sur la qualité des fils et pagnes importés saisis. Au-delà de la saisie des produits, et de la fermeture des boutiques et magasins, il a révélé que les acteurs concernés devront payer des amendes pour se tirer d'affaire.

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Un appel à consommer les fils FILSAH

« Ils devront s'acquitter des frais financiers mais les fils à tisser et pagnes tissés importés sont saisis et confisqués définitivement », a-t-il précisé. Sanibè Faho a donc expliqué que cette sortie de contrôle s'inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du plan d'action de la BMCRF découlant du document cadre sur l'assainissement des marchés de fils au Burkina Faso. Il a ajouté qu'elle se veut une action visant à montrer à l'opinion nationale, surtout aux acteurs de la vente de fils à tisser et pagnes importés, que la BMCRF demeure sur le terrain pour le bien-être de la population et le développement local.

« C'est une action qui va se dérouler sur l'ensemble des magasins présents dans la ville de Ouagadougou. Les directions régionales en charge de l'industrie du commerce ont été aussi et mises en contribution », a-t-il souligné. Sanibè Faho a rappelé aux commerçants fautifs, que le Burkina Faso a suffisamment de la matière pour développer son industrie textile sans avoir recours aux fils à tisser importés. Il a donc lancé un appel à consommer les fils FILSAH, afin de prôner la vision des plus hautes autorités dans l'épanouissement de la filière textile.

En se justifiant, le commerçant interpelé, Adama Zongo, a relaté n'avoir pas de document prouvant l'authenticité des pagnes tissés et de leur écoulement. Quant au commerçant Oumarou Compaoré, gérant de la boutique familiale et interpellé en l'absence de son père, il a confié que c'est son père qui gére la boutique. « Je faisais de la couture. Je suis nouveau dans la gérance donc j'ignore l'existence de l'interdiction d'importer des fils et des pagnes tissés », a-t-il évoqué.

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