Cap-Vert : un demi-million d'habitants sur la dizaine d'îles de l'archipel, presque un million en diaspora. Et un soft power bien en train surtout après les dernières performances à la Coupe du monde de football.
À l'échelle démographique, c'est comme si un des six arrondissements d'Antananarivo faisait jeu égal avec l'Espagne, championne d'Europe en titre, et poussait aux prolongations l'Argentine championne du monde. Oublié que le pays ne dispose d'aucune ressource naturelle majeure et que même l'eau y est une denrée précieuse. Le monde entier aura surtout vu un escadron de guerriers porter haut les couleurs d'un pays de nulle part (dans l'Atlantique à un demi-millier de kilomètres de l'Afrique, «en face» du Sénégal). Ils étaient venus jouer au football, sans revendications incongrues, certainement pas brandir un drapeau qui n'est pas le leur, ni prétendre défendre une cause qui ne les concerne pas. Des gens éminemment sympathiques.
Japon : sur le plan sportif, une élimination dans le temps additionnel en 16èmes de finale, contre le Brésil. Mais, dans les tribunes, une réputation nickel tout aussi impeccable que le zèle mis par le carré nippon à nettoyer tout ce que le supporter moyen peut apporter de salissures et déchets. En plus d'autres aspects déjà fort sympathiques, et reconnus depuis longtemps, voilà encore les Japonais qui s'attirent la sympathie, et le respect, à donner, en toute candeur, une leçon de savoir-vivre en mondovision.
Allemagne : des analystes voudraient voir dans les échecs successifs de la Mannschaft en Coupe du monde un reflet du déclin général de l'Allemagne. Volkswagen, premier constructeur automobile européen, n'envisage rien de moins que de réduire sa production annuelle et de supprimer jusqu'à la moitié de ses modèles, entraînant un licenciement à hauteur de 100.000 postes et la fermeture d'usines historiques. Et si l'effondrement sur le marché chinois ponctuait une nouvelle ère commercialo-industrielle ? Après 1945, et la deuxième Guerre mondiale, le Made in Germany avait incarné la reconversion en soft power d'une naguère toute puissance militaro-industrielle. Question existentielle qu'une «simple» Coupe du monde de football aurait suffi à cristalliser.
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