Les autorités malgaches ont décidé d'employer la manière forte face à la multiplication des disparitions et assassinats - en particulier d'enfants - rapportés ces dernières semaines sur les réseaux sociaux. Alors que la psychose gagne du terrain à Antananarivo, la présidence a annoncé, mardi 7 juillet, le déploiement immédiat de la garde présidentielle et de 400 éléments des forces de défense et de sécurité dans les rues de la capitale. Le Premier ministre a également pris la parole, affirmant notamment que ces crimes étaient destinés à nuire au régime de transition.
Les visages d'enfants et d'adultes disparus ou assassinés inondent depuis plusieurs jours les réseaux sociaux à Madagascar, alimentant une angoisse grandissante au sein des familles. Lundi 6 juillet, une femme soupçonnée de tentative d'enlèvement a été violemment prise à partie par une foule en colère à Antananarivo.
Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a dénoncé des événements « abjects ». « Autrefois, il y avait déjà des kidnappings, les ravisseurs demandaient des rançons. Mais la situation actuelle est inédite, a-t-il assuré. À chaque fois que je consulte Facebook, des disparitions remontent dans le fil d'actualité. Il y en a eu de nouvelles rien que pendant le conseil de gouvernement aujourd'hui ».
« Nous sommes en guerre ! »
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Emballement soudain des réseaux sociaux autour des faits divers ou véritable recrudescence des enlèvements et assassinats ? Quatre-vingt-dix personnes ont disparu dans la capitale ces dernières semaines selon les autorités, 43 ont depuis été retrouvées, mais impossible de connaître l'évolution de l'insécurité sur plusieurs mois ou années, faute de statistiques publiques disponibles.
Dans ce contexte incertain, le Premier ministre s'est montré offensif. « Nous sommes en guerre ! Les forces sont déployées et nous allons en finir avec cette situation, donc restez calmes ! Il n'y aura aucune tolérance envers quiconque se trouve derrière ces assassinats destinés à perturber la Refondation en cours », a-t-il déclaré.
Evoquant à la fois les cas de disparitions et le récent survol de son cortège par des drones suspects, le président Michael Randrianirina a lui aussi dénoncé samedi 4 juillet « une stratégie » visant à « déstabiliser » Madagascar, sans pour autant désigner de coupables.
