Alors que Human Rights Watch affirme qu'au moins 58 migrants éthiopiens, condamnés à mort en Arabie saoudite, risquent une exécution imminente, le ministère éthiopien des Affaires étrangères assure être pleinement mobilisé. Addis-Abeba met en avant la grâce royale accordée à 1 971 ressortissants éthiopiens et affirme poursuivre ses démarches diplomatiques auprès de Riyad.
Au moins une dizaine d'Éthiopiens ont déjà été exécutés cette année en Arabie saoudite, selon Human Rights Watch. L'ONG affirme que 58 autres détenus restent sous le coup d'une condamnation à mort, principalement pour des affaires de trafic de drogue.
Les prisonniers sont détenus à Khamis Mushait, près de la frontière avec le Yémen. Parmi eux, plusieurs candidats à l'immigration vers l'Arabie saoudite affirment avoir transporté des colis pour des passeurs mais sans en connaître le contenu.
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Selon Joey Shea, chercheuse pour Human Rights Watch spécialisée sur l'Arabie saoudite, ils n'ont pas eu la possibilité de se défendre : « Ces détenus n'ont eu droit qu'à quelques audiences collectives extrêmement brèves, souvent par visioconférence, uniquement via un écran, durant moins de 10 minutes, au cours desquelles ces hommes n'avaient ni représentation juridique, ni même d'interprètes et n'étaient souvent pas informés des chefs d'accusation retenus contre eux. Au cours de ces audiences, ces hommes étaient contraints de signer des documents qu'ils ne comprenaient pas. »
L'Arabie saoudite mène depuis plusieurs années une guerre contre la drogue, et cette politique s'accompagne d'un recours croissant à la peine de mort. Le pays a battu deux années de suite son record du nombre d'exécutions. Les étrangers sont particulièrement touchés dans ces affaires de drogue.
Les autorités éthiopiennes assurent être mobilisées. Mais selon Human Rights Watch, rien n'indique pour l'instant que les 58 détenus menacés d'exécution aient bénéficié de l'aide de leur gouvernement.