Maroc: Tomber de rideau sur la 38ème édition du FITUC

La soirée du 9 juillet 2026 n'a pas seulement marqué la clôture de la 38e édition du Festival international du théâtre universitaire de Casablanca (FITUC). Elle a constitué un moment d'évaluation de six journées d'une exceptionnelle richesse artistique, intellectuelle et humaine, confirmant une nouvelle fois la place de ce festival parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses rencontres internationales organisées par l'université marocaine.

Organisée par la Faculté des lettres et des sciences humaines Ben M'Sik de l'Université Hassan II de Casablanca, du 4 au 9 juillet 2026, cette édition a proposé une programmation exigeante et diversifiée : spectacles théâtraux, ateliers de formation ouverts aux festivaliers et au grand public, ainsi qu'un colloque scientifique consacré au thème « Théâtre et vivre-ensemble », réunissant d'éminents chercheurs et spécialistes. Autant d'activités qui ont confirmé la vocation du FITUC comme espace privilégié de création, de réflexion et de dialogue interculturel.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette 38e édition s'est articulée autour du thème : «Le théâtre universitaire, espace d'interaction de la jeunesse euro-méditerranéenne et atlantique vers une dynamique culturelle transfrontalière».

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Loin d'être un simple slogan, cette thématique s'est incarnée tout au long du festival. Des étudiantes, étudiants, artistes et universitaires venus d'Espagne -- pays invité d'honneur --, d'Italie, d'Arménie, d'Egypte, de Tunisie et du Maroc ont partagé la même scène, confronté leurs expériences, leurs imaginaires et leurs sensibilités artistiques.

Casablanca est ainsi devenue, durant six jours, un véritable laboratoire de dialogue interculturel où le théâtre a démontré, une fois encore, sa capacité à dépasser les frontières géographiques, linguistiques et culturelles, pour rapprocher les peuples autour de valeurs communes.

Cette édition confirme également que le Festival international du théâtre universitaire de Casablanca dépasse désormais le statut de simple manifestation artistique annuelle. Après trente-huit années d'existence, il s'impose comme une véritable institution culturelle, forte d'un capital symbolique considérable qui en fait aujourd'hui une référence du théâtre universitaire dans les espaces arabe et international.

Cette réussite est le fruit d'une vision initiée par le fondateur du festival, le professeur Hassan Smili, puis portée et enrichie au fil des décennies par plusieurs générations de doyens, d'enseignants, d'artistes, de chercheurs et d'étudiants. Le FITUC est ainsi devenu une composante essentielle de la mémoire culturelle marocaine.

Lors de la cérémonie de clôture, la professeure Leïla Meziane, doyenne de la Faculté des lettres et des sciences humaines Ben M'Sik et présidente du festival, a livré un discours qui dépasse largement le cadre traditionnel des allocutions de fin de manifestation. Plus qu'un bilan, elle a esquissé une véritable feuille de route pour l'avenir du festival.

Selon elle, l'enjeu n'est plus uniquement d'organiser une édition réussie, mais bien de préserver l'héritage construit depuis près de quatre décennies, de consolider l'institution du festival et d'assurer sa transmission aux générations futures.

La présidente du festival a également inscrit cette réflexion dans les grandes transformations que connaît actuellement le Maroc, notamment à l'approche de la Coupe du Monde de la FIFA 2030. Elle a souligné que l'accueil du monde ne saurait se limiter au développement des infrastructures, mais passe aussi par l'investissement dans la culture, la valorisation de la jeunesse, des universités et de la diversité culturelle marocaine, ainsi que par la capacité du Royaume à conjuguer ouverture internationale et fidélité à son identité.

L'une des phrases les plus marquantes de cette édition demeure celle rapportée par Leïla Meziane, prononcée par le responsable d'une troupe étrangère participante :

«Pour mes étudiants, il y aura désormais un avant et un après le festival».

Cette confidence résume parfaitement l'impact humain et culturel du FITUC. Au-delà de la réussite organisationnelle, le festival constitue une véritable expérience de vie, susceptible de transformer le regard que les jeunes portent sur eux-mêmes, sur les autres et sur le monde.

Sur le plan artistique, onze spectacles issus de six pays étaient en compétition. Le jury, présidé par le professeur Ali Mohammed Hadi Al-Rubaie, doyen de la Faculté des Beaux-Arts de l'Université de Hilla (Irak), et composé de l'acteur marocain Hicham Bahloul, de l'artiste maroco-allemand Idriss El Jay et du professeur et critique Rachid Idrissi, a incarné une remarquable complémentarité entre expertise académique, pratique théâtrale et approche critique.

Le palmarès reflète cette diversité artistique : le Prix de la meilleure interprétation féminine a été attribué ex aequo à l'Espagnole Mónica Hoyos Janina et à l'Égyptienne Aïda El Kourdi ; le Prix de la meilleure interprétation masculine est revenu à l'Espagnol Ulises Martín ; le Prix de la mise en scène a récompensé la pièce arménienne Le Labyrinthe des Écureuils ; le Prix spécial du jury a été décerné à Les Propriétaires de la Terre, de l'Université de Benha (Égypte), tandis que le Grand Prix de cette 38e édition est revenu à L'École des femmes, présentée par l'Université Sapienza de Rome.

 

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