Plusieurs experts d'Afrique de l'Ouest, parmi lesquels des représentants du Sénégal, se réunissent du 13 au 17 juillet à Dakar autour d'un atelier régional de formation et d'étalonnage de l'outil d'alerte précoce et d'aide à la décision pour la fièvre de la Vallée du Rift (RVF-DST). Cette rencontre organisée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en collaboration avec les autorités nationales et les partenaires techniques et régionaux. L'objectif est de renforcer les capacités des pays à anticiper, détecter et répondre plus efficacement aux risques liés à cette maladie zoonotique.
Durant cinq jours, des spécialistes de la santé animale et de la santé publique venus du Sénégal, de la Mauritanie, de la Gambie, du Mali et de la Guinée, aux côtés de représentants de la CEDEAO, de l'OMS et d'institutions régionales, travaillent à l'amélioration de l'outil RVF-DST. Celui-ci combine des données climatiques, environnementales, entomologiques et épidémiologiques afin d'identifier les zones les plus exposées à la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et d'orienter les actions de surveillance, de vaccination et de réponse d'urgence.
S'exprimant au nom de la coordonnatrice sous-régionale, Mme Bintia Stephen-Tchicaya, Dr Lionel Gbaguidi, chargé de la production et santé animales à la FAO a rappelé que « la fièvre de la Vallée du Rift demeure l'une des maladies les plus préoccupantes pour l'Afrique ». Il a souligné que la nouvelle vague épidémique observée depuis la fin de l'année 2025 au Sénégal et en Mauritanie illustre la persistance des risques sanitaires transfrontaliers, aggravés par les effets du changement climatique, la mobilité des troupeaux et les transformations des écosystèmes.
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Pour le responsable de la FAO, « l'anticipation n'est plus une option, elle constitue une nécessité ». Il a expliqué que le RVF-DST est « plus qu'un outil numérique, c'est un véritable instrument d'appui à la gouvernance des risques sanitaires », capable de transformer les données en informations stratégiques pour une prise de décision éclairée. Il a toutefois insisté sur l'importance de disposer de données fiables, d'adapter les paramètres aux réalités nationales et de renforcer durablement les capacités des institutions chargées de son exploitation.
Pour sa part, le Dr Médoune Badiane, chef du bureau de la surveillance épidémiologique des maladies animales à la Direction des services vétérinaires, a estimé que « c'est un outil qui vient à son heure, parce que ça permet de faire une sorte de modélisation de la maladie et d'anticiper sur les futures crises ».
Evoquant les conséquences de la dernière épidémie au Sénégal, il a rappelé que «la maladie a pris des allures meurtrières à la fois chez les humains mais aussi chez les animaux avec des milliers de mortalité chez les animaux, des milliers d'avortements et surtout des pertes économiques importantes mais aussi au plan humain au niveau de la sante publique il y a eu au moins trente-et-un décès. »
Ainsi, a-t-il souligné, « cet atelier régional permettra de mieux coordonner les efforts entre les pays grâce à des analyses fondées sur des données fiables. » Puisque, « plus les données sont justes et exactes, mieux la modélisation est complète et parfaite », a-t-il affirmé.
En conclusion, il a précisé que l'outil repose sur le croisement des données d'entomologie, de surveillance épidémiologique, de pluviométrie, d'inondations ainsi que des mouvements des personnes et des animaux afin d'évaluer la probabilité de résurgence de la maladie et de déclencher des interventions précoces.