Le Président de la Fédération sénégalaise de football a fait le point sur la participation du Sénégal à la Coupe du monde 2026 marquée par une élimination douloureuse en 16emes de finale face à la Belgique. Lors de cette conférence de presse tenue hier, lundi 13 juillet 2026, Abdoulaye Fall en a profité pour faire un grand déballage sur plusieurs aspects relatifs à la préparation et la gestion de cette de la Coupe du monde 2026. Il en a profité pour faire l'économie des négociations, des concessions ayant abouti au contrat signé avec le sélectionneur Pape Thiaw et son éviction sur le banc des Lions. Mais aussi pour ressortir cette « rupture de confiance » qui a fini d'avoir un impact sur le fiasco au Mondial.
Grand déballage ! Trois jours après l'annonce de l'éviction de Pape Thiaw à la tête de la sélection du Sénégal, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) est montée au créneau pour éclairer la lanterne des Sénégalais sur les nombreuses questions qui entourent la participation des Lions à la Coupe du monde soldée par un fiasco et une élimination amère en 16emes de finale.
« Une rupture de confiance » entre la Fédération et Pape Thiaw
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En conférence de presse, le président Abdoulaye Fall n'a pas hésité à établir un lien de causalité entre l'échec et la gestion de l'équipe. Le patron du football sénégalais évoque une « rupture de la confiance » entre la Fédération sénégalaise et Pape Thiaw. Ce qui, selon lui, a eu un impact et influé sur le résultat des Lions. « Il y a eu une rupture de confiance entre la Fédération sénégalaise de football et le sélectionneur national et cela a impacté sur la Tanière et l'équipe », confie-t-il.
A l'en croire, sa relation avec le coach national s'est progressivement détérioré au sortir de la dernière campagne. « Avec Pape (Thiaw), nous avons toujours été en phase. Mais, à un certain moment, j'ai compris qu'il y avait une rupture de confiance. Je pense qu'il y a eu des interférences dans nos relations... Compte tenu de cette situation entre la CAN et la Coupe du monde, le Sénégal ne pouvait pas faire un bon tournoi », se persuade-t-il.
Chantage de Pape de Thiaw
Abdoulaye Fall confirme que Pape Thiaw a refusé d'être sur le banc, tant que son contrat ne serait pas signé. Un contrat qui n'a été signé qu'à la veille du match contre la Norvège.
Selon Abdoulaye Fall, plusieurs concessions ont été consenties au préalable pour parvenir à un accord. Ce, précisera-t-il, en dépit de contraintes budgétaires.
« Une prime exceptionnelle a notamment été acceptée (180 millions soit 5 millions par mois pendant trois mois, Ndlr) et certaines clauses contractuelles, notamment les objectifs jugés contraignants liés à la Coupe du monde, ont été retirées pour répondre aux observations du sélectionneur. Une réunion en visioconférence réunissant la ministre en charge des Sports, le Premier ministre, Pape Thiaw et le président de la Fédération a également permis de lever plusieurs divergences, notamment sur les obligations fiscales. « La corrélation entre les primes du sélectionneur et celles des joueurs. L'entraîneur perçoit traditionnellement une prime équivalente au double de celle des joueurs. Si vous augmentez significativement les primes du sélectionneur, vous serez obligés de revaloriser celles des joueurs. L'impact financier devient alors très lourd pour la Fédération », a-t-il expliqué.
« L'impasse contractuelle a progressivement fragilisé la sérénité au sein de la sélection »
Pour Abdoulaye Fall, cette contrainte financière rendait certaines revendications impossibles à satisfaire.
« Face à cette situation, une ultime version du contrat a été préparée et signée par la Fédération avant d'être transmise au technicien, qui y aurait encore formulé plusieurs observations. Abdoulaye Fall estime que cette impasse contractuelle a progressivement fragilisé la sérénité au sein de la sélection nationale. « Je suis allé le voir dans sa chambre et je lui ai parlé sincèrement. Je pense que là aussi, il n'a pas pu évoluer », a-t-il précisé avant de rappeler les clauses de rupture de Pape Thiaw notamment le paiement de huit mois de salaire en guise d'indemnités (soit 240 millions FCFA).
Le président de la FSF a également relevé des points moins satisfaisants dans la gestion du plan de préparation des Lions.
« Vous savez, on n'a pas eu un plan de préparation de cette Coupe du Monde, venant du staff technique. Moi, j'ai eu à proposer des matchs amicaux sur la base des contacts que nous avons eus avec certaines fédérations. Le premier match validé, c'est le match contre les États-Unis. Je pense que c'était le lendemain du tirage au sort. Mais à chaque fois, je prends le soin d'avoir la validation du coach et du directeur technique. Et ces matchs étaient validés. Et donc, le premier match devait se jouer à Charlotte. Il y a eu un second match. Et là aussi, on a pu négocier cela en marge du séminaire qu'on a eu à Atlanta », a-t-il souligné
«On a eu un match avec le président de la fédération saoudienne de football. Et nous avons pu arrêter aussi ce match après validation de l'entraîneur. Il y a eu un troisième match qu'on voulait même organiser parce que l'accord d'ici aussi avait voulu qu'on joue ce match. Et même le directeur technique Souleymane Diallo était convaincu qu'il fallait jouer ce match. Mais l'entraîneur ne l'avait pas validé. Et donc, du coup, c'est comme ça que nous avons validé le plan de préparation ».
Les joueurs étaient intrigués par la non signature du contrat de Pape Thiaw
Cette situation a, selon lui, eu des répercussions et a atteint la vie du groupe. Une réunion en visioconférence depuis Mexico a été ainsi organisée pour expliquer aux joueurs les contraintes financières de la Fédération.
« Les joueurs étaient intrigués parce qu'ils ne comprenaient pas pourquoi le contrat de l'entraîneur n'était pas signé. Il fallait qu'ils comprennent les prétentions exprimées et les difficultés rencontrées par la Fédération. Les joueurs ne devaient pas être impliqués. J'ai toujours fait le maximum pour préserver la sérénité et le calme au sein de l'équipe nationale... Le capitaine m'a adressé des correspondances, j'ai répondu, nous avons discuté et nous sommes tombés d'accord. Les primes ont été payées, mais personne n'en a eu connaissance. Jamais, cette situation n'a été exposée sur la place publique ».
« Des joueurs ont commencé à avoir une maitrise sur l'entraineur à un certain moment »
Poursuivant son propos, le président Fall estime que Pape Thiaw avait finalement perdu le contrôle de son groupe qui a impacté sur l'équipe.
« Il y a des joueurs qui ont commencé à avoir une maitrise sur l'entraineur à un certain moment. Il y a des joueurs qu'on n'osait pas sortir dans un match et d'autres que l'on osait pas faire rentrer. Il y a des joueurs qu'on a convoqués en sélection avant de les laisser. Il y a eu des problèmes sur le plan technique. Quand vous les écoutez-vous sentez qu'il y a quelque chose qui se passe. Je passe souvent par le capitaine de l'équipe. Il y a des problèmes au sein de la Tanière. Je reçois les cadres et je sais qu'il y a eu des situations qui ont eu un impact sur le fonctionnement de la Tanière », indique- t-il.
Enquête parlementaire : « Moi, je suis très à l'aise sur ça »
Le président de la Fédération sénégalaise de football affirme n'être préoccupé par une commission d'enquête parlementaire qui a été annoncée pour éclairer sur la gestion du Mondial et dit être disposé à fournir tous les détails relatifs aux finances de la Fédération.
«Toute ma carrière, j'ai été contrôleur. Je suis très à l'aise sur ça », a-t-il déclaré d'entrée, avant d'assurer être en mesure de présenter l'intégralité des dépenses engagées durant le Mondial.
« Je peux vous lire la situation de l'ensemble des dépenses qui ont été exécutées pendant cette Coupe du monde et, si vous le permettez, je vous fais le point, le détail exhaustif de tout ce qu'on a dépensé, au franc près », a insisté le président de la FSF.
« J'ai été président de la commission des finances et je n'ai jamais eu une idée des finances de la Fédération. Mais, chaque fois en réunion du Comex, je communique sur tout, c'est-à-dire sur la situation financière, la situation de nos comptes, parce que ça doit être connu de tout le monde », a-t-il expliqué. « Je peux vous dire à tout moment combien on a reçu au titre de la FIFA, au titre des partenaires, au titre de la CAF », rassure-t-il avant de promettre un projet de charte qui sera soumis aux membres de la Fédération pour une bonne gestion des campagnes.
« Docteur Fédiore est gynécologue»
Lors d'une conférence de presse, le président de la Fédération sénégalaise, Abdoulaye Fall, a aussi révélé s'être « aperçu tardivement » que le médecin titulaire présent à la Coupe du monde était gynécologue. Pourtant Abdourahmane Alfred Fediore accompagnait les Lions depuis dix ans. « En fait, notre médecin titulaire n'a pas le profil académique pour accompagner nos athlètes. Le docteur Fediore est un gynécologue de formation, ça aussi c'est quelque chose que j'ai découvert tardivement. Les joueurs n'étaient pas convaincus », a déclaré Abdoulaye Fall.