La riposte contre la 17e épidémie d'Ebola est menacée en Ituri. Depuis lundi 13 juillet 2026, les prestataires de santé du Centre de traitement d'Ebola (CTE) de l'Hôpital général de référence de Rwampara, à Bunia, ont durci leur mouvement de grève, abandonnant les malades sur leurs lits.
En colère, les grévistes ont brûlé des pneus devant l'entrée principale de l'établissement pour dénoncer le non-paiement de leurs salaires et primes promis par le ministre de la Santé publique lors de son récent passage dans la région. Faute de compromis, les malades hautement contagieux admis au CTE se retrouvent aujourd'hui livrés à eux-mêmes.
Des promesses ministérielles non tenues depuis le début de l'épidémie
Selon les manifestants, les arriérés de paiement s'accumulent depuis la déclaration officielle de l'épidémie le 15 mai 2026. Malgré les sacrifices consentis en première ligne pour sauver des vies, ces agents de santé affirment n'avoir reçu aucune réponse concrète à leurs multiples revendications.
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Outre la crise salariale, les grévistes dénoncent des conditions de travail délétères et dangereuses, caractérisées par un manque d'équipements de protection individuelle (EPI) appropriés qui les expose directement à des risques élevés de contamination par le virus Ebola. Ils exigent désormais le versement intégral de leurs rémunérations comme condition préalable non négociable à toute reprise du travail.
Un risque de contagion généralisée dans les zones de santé
Cette crise sociale à Rwampara n'est pas un cas isolé. Des grognes et des débrayages similaires sont signalés dans plusieurs autres centres de traitement de l'épidémie à travers la province.
Pour les acteurs sociopolitiques de l'Ituri, cette paralysie générale présente un double danger immédiat :
L'arrêt des soins et de la surveillance clinique condamne les patients hospitalisés à une mort quasi certaine.
L'absence de prise en charge et de confinement des malades augmente drastiquement le risque d'évasion de cas contacts et de propagation incontrôlée du virus au sein des communautés locales.
Contactés par Radio Okapi, les responsables de la coordination de la riposte à Bunia n'ont pas donné suite aux demandes d'interview.