Afrique du Sud: La justice ajourne encore l'examen de l'extradition de Kemi Seba

En Afrique du Sud, l'affaire Kemi Seba de nouveau reportée. Ce 14 juillet devait voir débuter l'examen de la demande d'extradition du Bénin, or celle-ci vient seulement d'être formellement déposée à l'ambassade d'Afrique du Sud à Cotonou. L'influenceur anti-occidental reste donc en prison jusqu'à nouvel ordre.

C'est après une très courte audience que la justice sud-africaine a décidé de reporter l'examen du dossier, dans l'attente des éléments de la demande d'extradition officielle déposée par le Bénin, rapporte notre correspondante à Johannesburg, Joséphine Kloeckner.

Que contient la demande ?

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Certaines sources rapportent que cette demande d'extradition est un document volumineux de plusieurs centaines de pages, dans lequel sont exposés les faits précis reprochés à l'intéressé, avec les dates, les lieux et les circonstances, explique notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan.

Deux mandats d'arrêt visaient Kemi Seba : l'un émis en juin 2025, le second en décembre de la même année. Le 7 décembre 2025 en effet, jour de la tentative de coup d'État, plusieurs de ses vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, qui, selon les autorités, n'étaient rien d'autre qu'une approbation et un soutien aux putschistes et au coup manqué. Des faits d'incitation à la haine, à la violence, à la rébellion, de blanchiment de capitaux et de cyberharcèlement lui sont également reprochés. La demande devrait contenir les preuves de ces accusations, mais la démarche, restée très confidentielle, ne permet pas de savoir si elles ont été fournies, ni sous quelle forme.

Autre point sensible : la garantie d'un procès équitable en cas de transfert de Kemi Seba à Cotonou. Ce dernier a toujours décrié les institutions béninoises. La suite se jouera désormais devant les juridictions sud-africaines. Un spécialiste confie que la procédure pourrait durer des mois.

L'enquête continue côté sud-africain

Concernant le volet migratoire, qui concerne la présence illégale sur le territoire sud-africain de Kemi Seba et de son fils, ainsi que leur tentative de quitter le pays clandestinement, l'enquête se poursuit. Le parquet tenterait notamment d'obtenir des informations auprès des plateformes de cryptomonnaie.

Kemi Seba, son fils et leur complice présumé, le suprémaciste blanc sud-africain François van der Merwe, restent donc en prison, près de trois mois jour pour jour après leur arrestation en avril. Leurs demandes de mise en liberté provisoire avaient été rejetées lors de la précédente audience, la justice sud-africaine estimant qu'il existait un risque de fuite.

La défense de l'activiste anti-occidental se prépare désormais à s'opposer à l'extradition, qu'elle estime politiquement motivée, et tente parallèlement de débloquer la situation pour le fils de Kemi Seba, Khonsou, 18 ans, afin de lui permettre de rentrer en France.

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