Moins de la moitié des citoyens considèrent que les médias sont libres de publier sans ingérence du gouvernement.
Key findings
- La majorité (82%) des ménages béninois possèdent une radio, alors qu'environ la moitié (53%) possèdent un poste téléviseur (53%) et/ou un téléphone portable avec accès à Internet (46%). Seuls 26% disent posséder un ordinateur.
- La radio constitue la principale source d'information au Bénin, près des trois quarts (72%) des citoyens déclarant s'y informer « quelques fois par semaine » ou « tous les jours ». En comparaison, 46% s'informent régulièrement via les réseaux sociaux, 36% par la télévision, 29% par Internet et 14% par la presse écrite.
- Entre 2014 et 2024, l'utilisation régulière des réseaux sociaux et d'Internet s'est fortement accrue, étant multipliée par huit et par près de cinq respectivement.
- Seule une petite minorité de citoyens disent avoir contacté les médias (5%) ou publié des opinions sur la politique ou les affaires communautaires sur les réseaux sociaux (3%) au cours des 12 derniers mois.
- Près de sept Béninois sur 10 (68%) estiment que les médias devraient constamment enquêter et publier sur la corruption et les erreurs du gouvernement.
- La majorité (69%) des Béninois estiment que les médias devraient être libres de publier n'importe quelles opinions ou idées sans le contrôle du gouvernement.
- Cependant, en pratique, seuls 45% des Béninois déclarent que les médias sont « assez » ou « entièrement » libres de diffuser et de commenter l'actualité sans censure ni ingérence du gouvernement.
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Dans un contexte démocratique en constante évolution, l'accès à une information fiable et diversifiée constitue un pilier fondamental de la gouvernance participative et de l'engagement citoyen (Voltmer & Sorensen, 2019). Alors que le paysage médiatique africain connaît une transformation rapide avec la multiplication des canaux d'information, comprendre comment les citoyens s'informent et quelles sources ils privilégient devient un enjeu stratégique majeur (Ojakorotu, 2023 ; Wasserman, 2010).
Pour les politiques, cette compréhension est essentielle à l'élaboration de campagnes électorales efficaces (Hniche & Amara, 2023). Les recherches récentes sur les campagnes politiques en Afrique subsaharienne montrent que savoir quels médias touchent réellement la population, lesquels jouissent de la plus grande crédibilité, et comment les préférences varient selon les profils démographiques permet d'adapter les messages et de maximiser leur portée auprès des différentes catégories de citoyens (Abboud, Ajwang, & Lugano, 2024).
Au-delà du contexte des élections, ces données revêtent une importance capitale pour la gouvernance quotidienne. Les gouvernements, les organisations de la société civile et les partenaires au développement ont besoin d'identifier les canaux les plus efficaces pour diffuser les informations sur les politiques publiques, les messages de santé publique, les réformes institutionnelles et promouvoir la redevabilité (Okoro, 2018). Une communication gouvernementale efficace pourrait reposer sur la connaissance précise des habitudes informationnelles des populations, comme le soulignent les travaux sur la transformation numérique de la gouvernance en Afrique d'Ojakorotu (2023).
Les données d'Afrobarometer offrent ainsi un aperçu unique et empirique des pratiques informationnelles des citoyens béninois, permettant aux décideurs d'élaborer des stratégies de communication fondées sur des données probantes plutôt que sur des présomptions.
Au Bénin, la radio demeure le média dominant, tant en matière d'équipement des ménages que de consommation de l'information, même si les réseaux sociaux et Internet connaissent une progression fulgurante.
Malgré cette diversification des canaux d'information, peu de citoyens participent activement au débat public en contactant les médias ou en publiant des opinions politiques en ligne.
Les Béninois réaffirment toutefois leur attachement au rôle de contre-pouvoir des médias et à la liberté de la presse. En revanche, moins de la moitié estiment que les médias exercent effectivement leurs activités à l'abri de la censure ou de l'ingérence gouvernementale, révélant un décalage entre les aspirations des citoyens et leurs perceptions de la réalité.