Gabon: Climat et biodiversité - Le pays plaide pour un financement plus direct et équitable à New-York

14 Juillet 2026

En marge du Forum politique de Haut niveau 2026, le siège de la mission permanente de l'Union Africaine à New-York a accueilli le lancement du rapport OCDE-OIF/IFDD sur « l'Accès au financement pour le climat et la biodiversité : des engagements mondiaux à l'action nationale ». Louise Pierrette Mvono, ministre gabonaise en charge de la Planification et de la Prospective, a défendu les intérêts de son pays.

Invitée à prendre la parole, la ministre gabonaise de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a porté la voix d'un pays « poumon de la planète » et plaidé pour une réforme en profondeur des mécanismes de financement.

Un constat partagé, une urgence accélérée

La ministre a d'abord salué l'initiative de l'Organisation de la Coopération et de Développement Economiques (OCDE) et de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à travers l'Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD). Selon la ministre gabonaise, le rapport dresse « avec une grande rigueur scientifique » un constat que le Gabon partage : l'accès aux financements climat et biodiversité reste ralenti par des barrières procédurales et linguistiques, alors que l'urgence écologique s'accélère.

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Le Gabon entend illustrer ce paradoxe. Avec 88% de couvert forestier et un statut de puits de carbone net historique, le pays fait partie des nations HFLD, à fort couvert forestier et faible déforestation.

« Grâce à la préservation de notre couvert forestier et à nos politiques de transition verte, nous continuons d'être un poumon écologique pour la planète », a-t-elle déclaré. « Nous portons une part substantielle de l'effort de conservation mondial, une contribution qui appelle aujourd'hui une réponse financière internationale plus prévisible, équitable et proportionnée. »

Le Gabon se structure : 3 chantiers prioritaires

Louise Pierrette Mvono a tenu à montrer que le Gabon « n'attend pas ». Elle présentera d'ailleurs au siège des Nations Unis, ce mercredi 15 juillet 2026, le deuxième Examen National Volontaire du pays.

1. Sur le plan institutionnel : Le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030 intègre déjà les instruments financiers innovants comme les obligations vertes et bleues et les crédits carbone. La Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon, désormais accréditée par le Fonds Vert pour le Climat, illustre selon elle « l'efficacité des ancrages nationaux directs ».

2. Sur le plan opérationnel : Le pays renforce durablement ses capacités locales en formant des experts au montage de projets bancables.

3. Sur le plan de l'innovation : Elle a cité le partenariat de 60 millions de dollars conclu à la COP16 de Cali. Ce « Country Package » associe la France, le FEM, le PNUD et TNC, et vise à éviter la disersion des efforts en intégrant climat, biodiversité et développement.

3 orientations pour transformer les engagements en actions

Pour passer des promesses aux impacts, la ministre a soumis trois propositions au débat :

  • Valoriser les accréditations nationales directes : Soutenir des entités comme la CDC gabonaise afin de réduire la dépendance aux intermédiaires internationaux.
  • Pérenniser le renforcement des capacités : Privilégier des programmes de formation de long terme, directement adossés à des portefeuilles de projets nationaux.
  • Monétiser équitablement le capital naturel : Accélérer la mise en place de mécanismes robustes de paiement pour services écosystémiques et de marchés de carbone intègres, afin de reconnaître la valeur systémique des forêts tropicales.

En conclusion, le Gabon a réaffirmé « sa pleine disponibilité à enrichir ce dialogue constructif entre bailleurs, fonds et pays bénéficiaires ».

Le rapport OCDE-OIF/IFDD, présenté lors de cet événement parallèle au HLPF, entend justement outiller les pays pour transformer les engagements climatiques et biodiversité en financements concrets sur le terrain.

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