Cinq cents kilomètres pour accomplir un rêve : dans le premier long métrage de la réalisatrice Amel Guellaty, deux jeunes Tunisiens partent pour une odyssée à travers le pays. D'où vient le vent est en salles en France depuis ce 14 juillet 2026. Présentation de ce road movie qui est également le portrait d'une génération.
Deux jeunes Tunisiens, amis d'enfance, se lancent dans un pari fou : sans argent et sans voiture, Mehdi et Alyssa décident de faire la route de Tunis à Djerba pour participer à un concours de dessin, qui fait miroiter une résidence de plusieurs mois en Allemagne.
Galvanisée par la perspective de quitter une Tunisie qui ne laisse aucune perspective à sa jeunesse, Alyssa trouve 1 000 combines, pas toujours légales. Eya Bellagha, la jeune actrice qui l'incarne, brûle l'écran par sa beauté, son impertinence, son énergie frondeuse.
Amel Guellaty, photographe de formation devenue cinéaste, filme tout ça avec une précision coloriste remarquable : le rouge de la colère d'Alyssa, le bleu calme de Mehdi, le jaune brûlé du désert. Les couleurs racontent leurs états d'âme...
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Le concours, bien sûr, tiendra ses promesses : c'est-à-dire aucune. Corruption et clientélisme : le système est encore là, intact. Pour autant, D'où vient le vent n'est pas un film de dénonciation. C'est un film sur ce qu'on devient quand on a pris la route malgré tout.
« Parler des problématiques de la jeunesse »
D'où vient le vent, premier film d'Amel Guellaty, a participé à plusieurs festivals. Prix du public au dernier festival de Carthage, il est sorti à Tunis en décembre dernier. « Le but, c'était vraiment de parler d'une génération tunisienne mais aussi méditerranéenne, explique la réalisatrice au micro d'Houda Ibrahim. Et je pense que c'est un peu la même chose partout : une génération qui essaye de trouver sa place, qui essaye de sortir des règles qui lui sont imposées, de trouver sa liberté. Et parfois ça peut être dur de parler de sujets comme le chômage, certaines violences, la difficulté de ne pas avoir d'espoir dans son pays, de vouloir quitter son pays, de parler de tout ça, mais avec un ton qui ne soit pas un ton dramatique ».
Elle poursuit : « Donc, le but, c'était vraiment de parler des problématiques de la jeunesse, mais sans créer un film qui soit noir et compliqué. Le but est au contraire de créer un film avec l'énergie de la jeunesse, avec son humour, avec ses envies et donc de créer une contradiction entre le fond du film et la forme, puisque la forme, ça reste quand même une comédie dramatique, mais ça reste un road trip ensoleillé, léger. Et le fond, ça parle de sujets sociétaux qui sont parfois difficiles à aborder. C'était vraiment ça l'idée. »