Arrivé lundi à Kinshasa pour une première visite officielle depuis sa prise de fonction en mai 2026, le Directeur Général du Groupe Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier, inscrit son déplacement dans une dynamique de consolidation du partenariat stratégique avec la République Démocratique du Congo, autour des priorités majeures de développement. Pendant trois jours, du 13 au 15 juillet, le responsable français enchaîne rencontres institutionnelles, visites de terrain et inaugurations d'infrastructures financées par son institution. Une mission dense, à forte portée symbolique, dans un contexte marqué par des défis sanitaires et environnementaux d'envergure.
«M. Christophe Lecourtier est en visite officielle en RDC du 13 au 15 juillet. Il s'agit de sa première visite bilatérale depuis sa prise de fonction en mai 2026. Au programme : des échanges avec les autorités congolaises et des partenaires, deux inaugurations d'infrastructures soutenues par le Groupe AFD et une visite de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), accompagné par la France, en particulier dans son rôle prépondérant dans la recherche et le diagnostic des épidémies majeures, pour la 17e épidémie d'Ebola en cours », a annoncé l'AFD dans son communiqué officiel.
Dans cette mission, la question environnementale s'impose comme fil conducteur. Reçu au cabinet de la Ministre de l'Environnement, Marie Nyange, Christophe Lecourtier a longuement insisté sur la centralité des forêts congolaises dans les équilibres climatiques mondiaux.
Dans sa déclaration, il a souligné :
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« Notre entretien, c'était d'abord la politique forestière nationale adoptée au Conseil des ministres en République démocratique du Congo (RDC), qui est conduite par la ministre de l'Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange, en matière d'environnement en général et en matière de forêt en particulier. Et puis, évidemment, l'importance que nous attachons à la coopération franco-congolaise dans ce secteur ».
La RDC n'est pas seulement un partenaire parmi d'autres, elle apparaît comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique. Une responsabilité que Christophe Lecourtier n'a pas manqué de rappeler, évoquant le rôle crucial du pays dans la préservation du bassin du Congo.
Dans la continuité, il a insisté sur la nécessité de traduire les engagements en actions concrètes:
« Parmi les priorités aujourd'hui de l'Agence française de développement (AFD), sous l'autorité de notre ambassadeur ici, la question des forêts figure évidemment en tout premier lieu. Alors, l'enjeu, c'est d'être le plus concret possible ».
Cette volonté de concrétisation se retrouve dans le soutien affirmé de la France à la politique forestière congolaise, notamment en perspective de la prochaine COP prévue en Turquie :
« Nous sommes certains que la politique forestière nationale que vous avez fait adopter en Conseil des ministres s'inscrit dans ce cadre-là, et nous apporterons tout notre soutien, tout notre concours pour que vous puissiez, au moment de la COP qui se tiendra en Turquie à l'automne, démontrer toutes les initiatives que vous avez prises. Vous pouvez compter sur la France, sur l'Agence française de développement ».
Autre point marquant : la mise en avant du projet « Z3D+ », présenté comme une innovation majeure dans la gouvernance environnementale. L'objectif est clair : associer directement les communautés locales à la lutte contre la déforestation, à travers des incitations financières.
Christophe Lecourtier en précise les contours :
« C'est un projet qui a un nom un peu barbare, qui s'appelle +Z3D+. C'est trop doux, et qui consiste à faire en sorte d'intéresser directement les populations locales à la lutte contre le ralentissement de la déforestation par des incitations financières, c'est ce que vous souhaitez, c'est ce que souhaitait M. le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo : que les bénéfices reviennent directement aux communautés locales ».
Dans une vision plus globale, le Directeur général de l'AFD a replacé les enjeux congolais dans une perspective planétaire :
« La question centrale pour nous, c'est le sentiment de réaffirmer que nous sommes sur une seule planète, que ce qui se passe ici, dans les immenses forêts, les grandes tourbières et les ressources forestières de votre pays, a un impact sur le climat de la planète et aussi sur ce que vivent les Européens ».
À travers cette visite, Kinshasa s'affirme ainsi comme un carrefour stratégique de diplomatie, environnement, santé et développement.