Le Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024, publié le 14 juillet par le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan, révèle une forte dégradation de l'endettement public. À fin 2024, l'encours de la dette atteint 25 583 milliards de FCFA, soit 128,6 % du PIB, contre 81,8 % cinq ans plus tôt. Ce document s'inscrit dans une démarche de fiabilisation des données menée avec l'appui du cabinet Forvis Mazars.
Le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan a rendu public, le 14 juillet, le Bulletin statistique de la dette publique couvrant la période 2019-2024. Élaboré avec l'appui du cabinet international Forvis Mazars, ce document présente un état consolidé de la dette de l'administration centrale et du secteur parapublic à l'issue d'un vaste travail de fiabilisation des données.
Les chiffres mettent en évidence une forte progression de l'endettement public au cours des cinq dernières années. L'encours de la dette du secteur public est passé de 11 219 milliards de FCFA en 2019 à 25 583 milliards de FCFA en 2024, faisant grimper le ratio dette/PIB de 81,8 % à 128,6 %. L'administration centrale concentre l'essentiel de cette dette. Son encours atteint 23 667 milliards de FCFA à fin 2024, soit 119 % du PIB, contre 10 403 milliards de FCFA et 75,9 % du PIB en 2019.
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Le secteur parapublic affiche, pour sa part, une dette de 1 917 milliards de FCFA, représentant 9,6 % du PIB, contre 816 milliards cinq ans auparavant. La publication de ce bulletin fait suite aux recommandations de l'audit de la Cour des comptes rendu public le 12 février 2025. Cet audit, consacré à la gestion des finances publiques entre 2019 et 2023, avait souligné la nécessité d'un inventaire exhaustif de la dette publique. Dans ce contexte, les autorités ont confié au cabinet Forvis Mazars la mission de consolider et de fiabiliser les données relatives à la dette de l'État et des entités du secteur parapublic.
Le document met également en lumière la structure de la dette extérieure de l'administration centrale, qui s'élève à 16 894 milliards de FCFA. Les créanciers multilatéraux en détiennent 40 %, avec la Banque mondiale en première position (17 %), devant le Fonds monétaire international (5 %) et la Banque africaine de développement (4 %). Les créanciers commerciaux représentent 34 % de l'encours, les Eurobonds comptant à eux seuls pour 19 % de la dette extérieure totale, soit 3 133 milliards de FCFA. Les créanciers bilatéraux détiennent 17 %, l'Exim Bank of China étant le principal bailleur hors Club de Paris avec 1 380 milliards de FCFA.
La répartition par devise montre une prédominance de l'euro, qui représente 46 % de l'encours total, devant le franc CFA (29 %) et le dollar américain (17 %). Le service de la dette connaît également une forte hausse. Hors dette bancaire locale, il est passé de 808 milliards de FCFA en 2019 à 2 751 milliards de FCFA en 2024, intérêts et principal compris. Les projections de la Loi de finances initiale 2026 et du Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 prévoient un pic de plus de 5 498 milliards de FCFA en 2026, avant une baisse progressive à l'horizon 2030.
Enfin, le bulletin fait ressortir des indicateurs de risque contrastés. La maturité résiduelle moyenne de la dette de l'administration centrale est estimée à 7,2 ans, avec une durée moyenne de 8,7 ans pour la dette extérieure contre 3,6 ans pour la dette intérieure. Le taux d'intérêt effectif moyen s'établit à 3,9 %.