Après six semaines de débats, l'avocate générale a requis, ce 15 juillet 2026 à Paris, 30 années de réclusion criminelle contre Eugène Rwamucyo, durant le procès de ce médecin rwandais condamné en première instance à 27 ans de prison pour complicité de génocide contre les Tutsis en 1994 au Rwanda. Le verdict est attendu le 17 juillet.
L'avocate générale, Aude Duret, a requis la peine de 30 années de réclusion criminelle contre Eugène Rwamucyo. Elle demande à la cour d'appel de Paris de considérer ce médecin comme coupable de génocide en tant qu'auteur et en tant que complice. Et coupable de crime contre l'humanité en tant que complice.
L'avocate a rappelé méthodiquement tous les éléments mis en avant durant les six semaines de débats qui, selon elle, prouve la culpabilité de l'accusé.
Un fonctionnaire zélé agissant en pleine conscience
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Elle a décrit l'accusé comme un fonctionnaire zélé qui adhérait à la logique génocidaire du gouvernement du Rwanda de l'époque et cela en pleine conscience.
Elle a rappelé les éléments présentés lors des débats, les témoignages et les documents qui permettent, selon elle, d'établir qu'il était notamment très proche des membres de la Coalition pour la défense de la République, parti extrémiste aux discours raciste et ethniciste dirigés contre les Tutsis.
Puis, elle a décrit comment Eugène Rwamucyo a supervisé et coordonné les opérations d'ensevelissements des corps dans la province de Butare où, jusqu'ici, plus de 214 000 victimes ont été dénombrées.
Aude Duret a démonté la défense de l'accusé qui a raconté avoir coordonné et supervisé ces ensevelissements pour des raisons sanitaires en tant que médecin. Elle a montré qu'il y avait une volonté claire de dissimulation du génocide, qu'il n'y avait aucune consigne sanitaire, aucun rapport pour localiser les sites afin de permettre ensuite des démarches d'identification et d'exhumation : que les corps ont ainsi été déshumanisés, relégués au rang de « saletés » et de « déchets », a-t-elle dit.
Elle a aussi souligné que, même parmi ces corps, certaines personnes étaient encore vivantes et agonisantes et que certaines ont même survécu à ces enfouissements, selon des témoignages.
Aude Duret a décrit l'accusé comme un intellectuel qui a mis ses compétences au service du gouvernement génocidaire et qui ne pouvait ignoré ce à quoi il s'engageait, et que se faisant il avait voulu effacé la mémoire des Tutsis. Puis, elle a conclu son réquisitoire avec cette phrase : « Effacer la mémoire du génocide tutsi ainsi était un prolongement de leurs massacres. »
