Au Bénin, le ministère public a requis mardi 30 ans de réclusion criminelle contre Codjo Alofa, l'un des principaux accusés dans l'affaire Dangnivo, du nom de ce syndicaliste et opposant béninois porté disparu depuis 2010 et jamais retrouvé, sous le régime de l'ancien président Boni Yayi. Le procureur réclame aussi 150 millions de FCFA de dommages et intérêts contre lui, et requiert 60 mois de prison contre le second accusé. La famille du disparu, à qui un corps avait été présenté comme celui de leur parent, a toujours douté de cette identification, des tests ADN, et de la désignation de Codjo Alofa comme auteur du meurtre. La défense plaidera jeudi 16 juillet. Compte rendu de cette affaire judiciaire vieille de 16 ans.
`Le procureur requalifie les faits contre Codjo Alofa, jusque-là présenté comme le principal meurtrier : il devient « complice d'un meurtre commis avec des actes de barbarie ».
Selon le ministère public, Codjo Alofa « ne peut pas être directement rattaché au fait positif qui a ôté la vie » au syndicaliste, mais aurait « fourni les moyens de sa réalisation à Isidore Akon et Paul alias Ibo ».
« Tout s'est passé chez lui. Dangnivo est mort dans le lit de Alofa, de la main de bourreaux auxquels Alofa l'a livré », précise le procureur.
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Ces deux noms, Isidore Akon et Paul alias Ibo, ont été entendus au cours du procès. Un des témoins, l'ancien patron de la police, a même cité le premier comme l'assassin de Dangnivo.
Dans la salle, la famille secoue la tête. Me Théodore Zinflou lance au procureur : « Quand on vous écoute, j'ai l'impression qu'il ne s'agit pas du même dossier. »
L'avocate de la partie civile, Me Olga Anasside, dénonce un dossier « plein d'incohérences et d'interrogations » où « la justice se détourne pour ne pas voir et ne pas entendre ». Pour Me Fifa Zinzindohoué, la famille « ne veut ni vengeance, ni privilège, elle veut connaître la vérité ». La défense plaide jeudi 16 juillet.