La Fédération nationale des organisations pour la promotion de l'abandon des mutilations génitales féminines - excision (Fenopame) a engagé, depuis mardi dernier, la réflexion sur le plaidoyer à mener pour la ratification de la Convention de l'Union Africaine contre toutes formes de violences faites aux Femmes et Filles. Cet atelier qui s'est déroulé à Dakar, a pris fin hier, mercredi 15 juillet 2026.
La Fédération nationale des organisations de la société civile pour la promotion de l'abandon des mutilations génitales féminines (Fenopame) a mis en place, mardi, la coalition de Dakar, après celles de Tambacounda, de Kédougou, de Kolda et de Sédhiou. Des entités qui visent simplement à mieux harmoniser les activités des différents acteurs qui travaillent dans ce domaine. Selon Gabriel Sagna, président de la Fenopame, après beaucoup d'années sur le terrain, il était question de prendre conscience qu'il y avait nécessité à ce que les acteurs se mettent ensemble.
« Il nous faut travailler en synergie, parler d'une même voix, parce que le constat a été fait que chacun allait en portant ses propres messages qui pouvaient d'ailleurs, à la réception des destinataires, avoir une incompréhension, du fait que les messages pouvaient à la limite même être redondants ou contradictoires », a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « la coalition que nous voulons mettre en place répond à ce besoin. Plus on est nombreux, plus autour de certaines questions, nous avons des activités communes, et plus fort l'impact sera constaté et la communication mieux gérée ».
Selon les statistiques, Dakar a un taux de prévalence un peu faible, a souligné Gabriel Sagna.
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Il estime que les indicateurs sont d'ailleurs trompeurs, parce qu'on ne tient pas souvent compte de la mobilité des populations. « La banlieue de Dakar s'agrandit à une vitesse vertigineuse et c'est au niveau de ces localités que beaucoup de communautés pratiquant l'excision se sont installées. Et n'oubliez pas que les communautés migrent avec leur propre pratique.
Et elles sont venus trouver un environnement qui était propice à la perpétuation de leurs pratiques qui est méconnue de celles trouvées. Et cela a été un moyen pour contourner, au niveau de certaines régions, les dispositifs d'alerte et de surveillance mis en place par les différents acteurs », a-t-il fait remarquer pour justifier la pertinence de mettre en place une coalition régionale à Dakar pour lutter contre l'excision mais aussi porter le plaidoyer pour la ratification de la Convention de l'Union Africaine sur les violences qui sont faites aux filles et aux femmes.
Et de renchérir : « l'absence de signalement fait que la pratique continue et les normes sociales sont très ancrées. Si on n'implique pas ces communautés-là, si on ne leur fait pas prendre conscience aussi bien des dangers au niveau de la santé, que de l'économie, des filles continueront d'en souffrir dans le silence ».
Le ministère de la Famille, de l'Action sociale et de la Solidarité relève que la pratique de l'excision touche plus de 230 millions de personnes dans le monde. Et au Sénégal, la prévalence tourne autour de 20% et touche les régions à des degrés divers. « Il y a des régions qui sont très impactées, d'autres le sont moins. Le ministère de la Famille travaille avec les partenaires pour pouvoir éradiquer ce phénomène, parce que nous savons que notre Constitution garantit l'intégrité physique des personnes.
Rien ne peut justifier qu'une fille ou bien une femme soit excisée ou mutilée », a déclaré Kabir Ndiaye de la Cellule de Communication du ministère de la Famille. L'objectif du Sénégal est d'arriver à éradiquer le fléau de l'excision avant 2030. Pour y arriver, des leviers ont été identifiés tels que l'engagement communautaire à travers la sensibilisation, l'éducation des filles, la disponibilité des structures sanitaires mais aussi l'autonomisation des femmes.