Après Thiaroye- Sur-Mer, Yarakh, les parlementaires ouest-africains se sont aussi rendus, hier, jeudi 16 juillet à Soumbédioune, pour tenir une séance d'interaction publique communautaire avec les acteurs de la pêche artisanale dans le cadre de l'Interaction parlementaire avec les citoyens sur les dangers de la migration irrégulière et de la traite des personnes en Afrique de l'Ouest, organisée du 13 au 17 juillet 2026 à Dakar.
Placée sous le slogan « Des choix sûrs, des avenirs prometteurs. Ensemble contre la migration irrégulière et la traite des personnes », cette rencontre avait pour objectif de sensibiliser les populations aux dangers liés à la migration irrégulière et à la traite des personnes, tout en promouvant des solutions sûres et durables, en particulier en direction des jeunes.
Au-delà du message de sensibilisation, les échanges ont permis aux communautés de Soumbédioune de faire entendre leurs préoccupations face aux difficultés économiques et sociales qui, selon elles, nourrissent les départs clandestins.
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Pêcheur depuis de nombreuses années, Baye Zale estime que l'avenir du secteur dépend d'une meilleure régulation de la pêche. « Nous voulons que notre activité soit sécurisée par une réglementation des licences de pêche. Nous n'avons rien d'autre que cette activité. Très franchement, nous ne voulons pas faire la migration irrégulière. Aujourd'hui, notre secteur ne marche plus. Nous sommes confrontés à plusieurs difficultés, notamment la cherté du carburant et des pirogues. C'est à cause de cette situation que certains jeunes finissent par choisir la migration irrégulière », a-t-il déclaré.
Le même constat est partagé par les femmes transformatrices de produits halieutiques. La présidente du quai de pêche de Soumbédioune, Astou Fall, a souligné les lourdes répercussions de la raréfaction des ressources halieutiques sur les revenus des ménages.
« La situation de la mer impacte fortement l'activité des femmes. C'est pourquoi, ces dernières années, plusieurs femmes ont tenté la migration irrégulière. Notre activité ne marche plus. Nous n'avons plus de poissons alors que nous ne vivons que de cette activité. Il faut réorganiser le secteur de la pêche. Nous avons perdu beaucoup de nos enfants. Nous sommes fatiguées. Nos maris ne travaillent plus. C'est à l'État de nous soutenir pour que nous puissions rester et travailler chez nous », a-t-elle plaidé.
Pour Assane Fall, les difficultés persistances que traverse le secteur traduisent un déficit d'accompagnement des pouvoirs publics. « Nous sommes oubliés par l'État. Nous sollicitons son soutien. Nous travaillons depuis des années dans le secteur de la pêche et nous n'avons même pas de maison. Au-delà de la réorganisation du secteur, nous demandons un meilleur accompagnement pour améliorer les conditions de vie des pêcheurs, particulièrement des jeunes et des femmes », a-t-il déclaré.