Sénégal: La Zone écologique communautaire pour lutter contre l'insalubrité

17 Juillet 2026

Installée au quartier Thiawlène, à Rufisque, la Zone écologique communautaire (Zec) permet aux habitants de troquer leurs déchets solides contre des objets d'usage domestique ou de l'argent. L'objectif est d'assurer, entre autres, la salubrité avec le tri et le recyclage des déchets plastiques au profit des entreprises partenaires du projet.

Les voitures ont du mal à se faufiler entre les ruelles un peu étroites du quartier Thiawlène situé à Rufisque. Ici, le soleil n'arrive pas à freiner l'ardeur des travailleurs et volontaires qui s'activent dans la Zone écologique communautaire (Zec). Les brises marines qui balaient la zone de la digue n'entament en rien leur détermination. Ces derniers, en partenariat avec la mairie de Rufisque-Est, ont décidé de s'attaquer à l'insalubrité dans leur quartier.

En effet, des dépôts sauvages d'ordures ménagères se sont multipliés dans le quartier, faisant peser un risque sanitaire majeur sur la vie des habitants. Dans cette optique, la mise en place de solutions de recyclage et de revalorisation des déchets solides, à travers le projet « Recyclor », est devenue primordiale pour les habitants de Thiawlène. Les habitants ont, en effet, initié des activités de tri des déchets plastiques, de fer et de cartons en contrepartie de la remise d'objets d'usage quotidien, comme des bassines et des seaux. La Zec est composée d'un conteneur de 40 pieds de couleur blanche et emploie 7 personnes.

« Elle est le fruit d'un partenariat financier entre la commune de Rufisque-Est et celle de Soler, en France. Elle est subdivisée en trois parties : l'une est dévolue au plastique, l'autre au fer et la troisième au Bureau des bonnes pratiques. Nous avons aussi un espace pédagogique pour sensibiliser les populations locales et associations autour de l'assainissement », a déclaré Idrissa Thiaw, promoteur de la Zec et conseiller technique à la commune de Rufisque-Est. Selon lui, « le processus consiste à demander en amont aux populations à qui on a donné des poubelles pour faire le tri de séparer les déchets ».

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L'environnementaliste renseigne que la Zec collabore avec des entreprises qui récupèrent les cartons, papiers et autres produits comme le fer et le plastique. Quant à la sciure de bois, dit-il, elle « permet de faire de la valorisation énergétique ». Au milieu des plantes et autres rangées de pneus coloriées qui délimitent le site, Oumar Diouf, gestionnaire de la collecte à la Zec, s'active autour de son tricycle arrimé à une poubelle de collecte.

« Nous récupérons des déchets pour en faire des tuyaux Pvc, des chaises et des plateaux d'oeufs. Nous faisons des collectes deux fois par mois. À l'occasion des cérémonies familiales et autres évènements communautaires, nous installons des poubelles que nous récupérons à la fin pour assainir notre quartier », affirme-t-il.

Ndiobé Ba, habitant de Thiawlène, estime que cette initiative a ramené la propreté dans leur quartier. « Chaque maison dispose d'une poubelle spéciale pour le caoutchouc et le verre. Le fer, lui, est stocké dans un sac séparé. Nous faisons le tri pendant trois jours. La vente de ces ordures triées aux responsables de la Zec alimente une calebasse communautaire.

Ce système garantit un financement de 50 000 FCfa par femme, une somme destinée au lancement de projets structurants », soutient-il. Concernant la volonté de dupliquer ce processus de création d'une économie circulaire, Idrissa Thiaw soutient que les responsables ambitionnent d'installer d'autres Zec dans le département. « Nous voulons travailler en intercommunalité avec la zone de Sangalkam. Nous voulons accompagner plus de Zec », fait-il savoir.

Cependant, la mise en place de la Zec dans d'autres régions du pays pourrait connaître quelques limites en raison d'un manque d'intérêt de certaines autorités en ce qui concerne l'écologie et la promotion de l'économie circulaire autour des communautés locales. En outre, l'absence d'un écosystème financier conséquent pourrait aussi handicaper l'évolution de ce programme.

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