Les filières scientifiques peinent à séduire les futurs bacheliers. La série C, en particulier, est en passe de disparaître.
La série C suscite un désintérêt de plus en plus marqué chez les candidats au baccalauréat. Pour la session 2026, ils ne représentent que 0,67 % de l'ensemble des inscrits. Cette part s'élevait encore à 1,05 % il y a quatre ans et à 1,87 % il y a dix ans. « Cette série n'existe plus dans les établissements scolaires publics, où les anciennes séries A, C et D ont été remplacées par les séries Littéraire (L), Scientifique (S) et Organisation-Société-Économie (OSE) », indique un enseignant d'un lycée public pour expliquer cette tendance à la baisse.
Mais, même au sein des lycées privés qui maintiennent l'ancien système de filières, le nombre de candidats inscrits en série C reste particulièrement faible. « Les élèves ont la flemme d'approfondir les matières scientifiques, alors ils préfèrent aller en série A ou D. En série C, les coefficients sont si élevés qu'il est très difficile d'obtenir le baccalauréat si on n'a pas de très bonnes notes, plus de 15/20, en maths », lance Andovola Rabetsimba, directrice du lycée privé Diadema, à Ampatsakana. Cet établissement, par exemple, compte cette année une trentaine de candidats, dont deux seulement en série C.
Profil idéal
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La province d'Antananarivo enregistre le plus grand nombre de candidats dans cette série, avec 886 inscrits. À l'inverse, Antsiranana n'en compte que dix, Analanjirofo six et la Sava seulement trois.
Des scientifiques regrettent cette situation. Les titulaires d'un baccalauréat de la série C constitueraient le profil idéal pour intégrer l'École supérieure polytechnique, même si cet établissement accepte des candidats de toutes les séries scientifiques, ainsi que des séries techniques et technologiques.
« En tant qu'école d'ingénieurs, l'École supérieure polytechnique forme des professionnels pour qui la modélisation mathématique (NDLR: un outil essentiel pour comprendre et résoudre des problèmes complexes du monde réel) est essentielle. C'est un exercice dans lequel les bacheliers de la série C sont particulièrement à l'aise », indique le professeur Mamy Alain Rakotomalala, directeur de l'École supérieure polytechnique d'Antananarivo.
La série C est essentiellement consacrée aux mathématiques. Des enseignants de cette discipline estiment que les programmes des nouvelles séries sont moins complets que celui de la série C.
« La série S, par exemple, manque de géométrie, alors que la série C traitait le programme en profondeur. L'idéal serait de rétablir la série C. Mais si nous devons conserver le système actuel, il devient urgent d'en enrichir les contenus », recommande un mathématicien.
Ce dernier rappelle que les bacheliers de la série C bénéficient de débouchés bien plus nombreux que ceux des autres séries.