Entre offensives des rebelles du M23 et alliés, résurgence de l'épidémie d'Ébola et tiraillements des politiciens pour une révision de la Constitution et un "dialogue national", les nouvelles ou plutôt la conjoncture n'est pas bonne en RDC.
En fait, il n'y a rien de nouveau sur les berges du Congo. La guerre oubliée continue sa litanie de sanglots longs des victimes tuées, intégrés de force dans les rangs des rebelles ou des forces armées nationales, si ce n'est dans les milices affidées à l'un et l'autre camp belligérant. Le reste de la population qui fuit les combats et les recrutements forcés, les enfants, les femmes et les vieillards, s'entassent dans des camps mouroirs à la merci des maladies, notamment l'épidémie d'Ébola.
Hélas, il faut le redire, il n'y a rien de nouveau sous le soleil congolais avec ces accords de paix âprement négociés et signés à Arusha, Nairobi, Prétoria, Doha, Washington et où sais-je encore, mais jamais respectés. Accords de cessez-le-feu, de paix et de sortie de crise toujours remis aux calendes grecques, car vite oubliés, orphelins des pairs signataires et des parrains négociateurs ou facilitateurs, ils ne pèsent pas plus lourds qu'une plume de moineau sur la carapace des tortues ninjas du M 23 /AFD.
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On en voudrait une preuve que l'on citera volontiers la reprise de leur offensive il y a 72 heures pour mettre sous leur coupe réglée de nouveaux territoires dans le Sud Kivu. Plusieurs sources ont confirmé de violents combats ayant opposé le M23/AFD aux forces armées loyalistes, vendredi dernier. Des combats qui ont abouti à la reprise de points stratégiques et à la conquête de nouveaux territoires dont ceux bordant le lac Tanganyika. Il s'agit des hauts plateaux d'Uvira, de Fizi et de Mwenga, des localités qui bordent le lac Tanganyika et leur ouvrent des voies navigables vers la Tanzanie, la Zambie et le Burundi. C'est dire qu'ils ne peuvent plus être pris de revers par les troupes gouvernementales. Par contre, ils multiplient leurs portes d'approvisionnement ou de sortie de leurs butins tout genre vers l'extérieur. Avec ces nouveaux territoires stratégiques conquis, plus que jamais la rébellion congolaise est dans la posture de la mauvaise herbe difficile à arracher.
Au demeurant, qui s'y intéresse vraiment ? Le Quatar et surtout les États -Unis, les derniers parrains des derniers accords de cessez-le-feu, répondent aux abonnés absents pour assurer le service après vente de ces accords sponsorisés à coût de millions de dollars US. Parrains de paix, devenus eux-mêmes va-t'en guerre, ni l'émir du Qatar, encore moins le président américain n'a le temps pour exorciser les démons de la guerre civile congolaise. Ils sont occupés à guerroyer contre l'Iran ou se défendre de sa riposte en drones incendiaires.
Comme quoi, aide-toi et le ciel t'aidera ! Dans le cas d'espèce, on ne fera pas la leçon à Kinsasha sur sa responsabilité première à défendre son intégrité territoriale, sa population, ses ressources minières, forestières et fauniques. Hélas, encore hélas ! A Kinsasha, les politiciens de tous les bords, sont incapables de s'élever à la hauteur des enjeux de survie du pays, de sa souveraineté, de son développement. De fait, entre le projet superfétatoire du gouvernement sur la révision de la Constitution pour ouvrir la voie d'un 3e mandat à Félix Tsishekedi, et l'irrédentisme irresponsable d'une opposition qui appelle à un dialogue national, les politiciens pinaillent à se partager les restes d'un État en lambeaux. Les rebelles n'ont alors pas grand mal à pilonner le Sud Kivu pour s'ouvrir des voies navigables sur le lac Tanganyika.
Ainsi va l'Afrique des "pays de merde" !