Ile Maurice: 38 catégories exemptées - «Chaque roupie compte», avance Suttyhudeo Tengur

Annoncée dans le Budget 2026-2027, l'extension de la taxe d'accise de Rs 2 - visant à réduire l'utilisation des plastiques et à encourager le recours à des emballages plus durables, tout en générant des recettes destinées à financer des initiatives environnementales - avait suscité des inquiétudes quant à son impact sur le coût de la vie.

Jusqu'à présent, cette taxe ne s'appliquait qu'aux bouteilles en PET contenant des boissons. À compter du 1er octobre, elle devait être étendue à l'ensemble des bouteilles en plastique, quel que soit leur contenu. Les représentants des consommateurs avaient notamment estimé que cette mesure risquait de se répercuter sur les consommateurs, en particulier les ménages les plus modestes, dans un contexte déjà marqué par la hausse du coût de la vie.

L'Association des consommateurs de l'île Maurice avait remis en question l'efficacité de cette mesure sur le plan environnemental, estimant qu'elle ne modifierait pas les habitudes de consommation tant que les produits - produits alimentaires, boissons, détergents et produits d'hygiène - continueraient d'être commercialisés dans des bouteilles en plastique et que des alternatives abordables ne seraient pas disponibles. Elle avait plaidé pour des incitations fiscales pour rendre les emballages de remplacement plus accessibles, plutôt que de faire reposer le coût de la transition sur les consommateurs.

Répondant, mardi dernier, à une question du député Chetan Baboolall à l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a indiqué que le gouvernement avait pris en considération les préoccupations sur le coût de la vie. Il a ainsi annoncé que 38 catégories de produits essentiels seront exemptées de la taxe d'accise de Rs 2, qui entrera en vigueur le 1er octobre 2026. Parmi les produits exemptés figurent le lait, les aliments pour bébés, les huiles alimentaires, les épices, le miel, les jus ainsi que les produits pharmaceutiques.

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Suttyhudeo Tengur, président de l'Association pour la protection de l'environnement et des consommateurs, estime que cette décision constitue un soulagement, surtout pour les ménages aux revenus modestes. Il souligne que certains produits, comme les médicaments ou d'autres biens essentiels, ne disposent d'aucune alternative d'emballage, contrairement aux boissons gazeuses, pour lesquelles il existe des bouteilles en verre. «Le consommateur est donc obligé de les acheter. C'est un bon signe que ces produits aient été exemptés. C'est un soulagement pour ceux qui ont des difficultés financières. Les salaires restent les mêmes alors que tout augmente.» Même si la taxe est de seulement Rs 2 par bouteille, son effet peut s'accumuler sur le budget des ménages, rappelle-t-il. «Une famille de quatre personnes consomme environ trois litres d'huile alimentaire par mois. Cela aurait représenté Rs 6 supplémentaires. Quand on fait les courses en fin de mois, chaque roupie compte. Celui qui tient le portefeuille connaît la valeur de ces Rs 2», fait-il valoir.

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