Afrique de l'Ouest: Sommet de la Cédéao - Ce qui s'est dit dans les coulisses

20 Juillet 2026

Retour sur les temps forts du sommet de la Cédéao consacré à l'avenir de l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont clôturé le dimanche 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, leur 69e sommet. La réunion était consacrée à l'avenir de l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest. Officiellement, les dirigeants ont affiché leur volonté de renforcer l'unité de l'organisation.

Mais en coulisses, les discussions ont été plus difficiles, notamment sur les conséquences du retrait des trois Etats du Sahel : Niger, Mali et Burkina Faso. Le sommet a été marqué par la présence pour la première fois du Guinéen Mamadi Doumbouya et du Béninois Romuald Wadagni. Au terme des travaux, c'est au Sénégal que sont revenus les postes de président de la Conférence des Chefs d'Etat et celui de président de la Commission de la Cédéao.

Des dossiers sensibles

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Un huis clos des chefs d'Etat a provoqué un retard de plus de 2 h du 69e sommet de la Cédéao.D'après des confidences, les chefs d'Etat n'arrivaient pas, dans un premier temps à s'accorder sur plusieurs dossiers sensibles.

Au coeur des discussions figuraient notamment la question de la suite à donner au retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger, réunis au sein de la Confédération des Etats du Sahel.

Si le sujet restait peu évoqué publiquement, plusieurs sources indiquent qu'il a largement dominé les échanges entre les dirigeants. A l'issue de la rencontre, le président sortant de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray , a insisté sur la nécessité de préserver l'esprit d'intégration régionale et de poursuivre le dialogue entre les Etats membres malgré les défis actuels.

"L'Histoire nous enseigne cependant que les périodes d'incertitudes sont aussi des moments d'opportunités.Elles nous invitent à renouveler notre engagement collectif envers les idéaux de solidarité, de coopération et de l'intégration qui ont inspiré les pères fondateurs de notre communauté" a-t-il assuré.

Selon Omar Alieu Touray "les décisions contribueront à façonner l'avenir de l'intégration régionale et les perspectives de plus de 450 millions de citoyens ouest-africains qui voient en la Cédéao un instrument essentiel de paix, de progrès et de prospérité partagée."

Redorer l'image de la Cédéao

Omar Alieu Touray cède sa place au général Birame Diop à la tête de la Commission de la Cédéao.Ancien ministre de la Défense et ancien chef d'État major général du Sénégal, Birame Diop a occupé le poste de conseiller du Secrétaire général des Nations unies, quant au poste de président de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la Cédéao, il est revenu à Bassirou Faye, président du Sénégal.Il s'engage à redorer l'image de l'institution ternie ces dernières années par les multiples crises.

"En acceptant avec responsabilité cette mission" le président du Sénégal s'est engagé à faire "vivre cet héritage en l'adaptant aux défis de notre temps, à savoir la sécurité collective, la stabilité institutionnelle, la souveraineté politique et économique et une voix de l'Afrique de l'Ouest plus audible et plus crédible."

En coulisses, toutefois, plusieurs diplomates confirment que le climat est resté marqué par des divergences sur la stratégie à adopter vis à vis des crises actuelles. Aucun consensus complet ne semblait encore émerger à la fin des travaux.

Si ces désaccords n'ont pas été rendus publics, ils illustrent les défis auxquels la Cédéao est confrontée au moment où elle cherche à redéfinir son rôle et son projet d'intégration dans une région confrontée à des crises sécuritaires et aux recompositions géopolitiques.

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