L'ouverture à Tunis du 8e Congrès arabe de la retraite et des assurances sociales s'inscrit dans un contexte de refonte structurelle pour le modèle social tunisien. Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, y a tracé les contours d'une réforme globale visant à restructurer les systèmes de sécurité sociale. Face aux pressions démographiques et aux déficits chroniques qui menacent la pérennité des caisses, la stratégie tunisienne affiche une rupture doctrinale : l'arbitrage ne se fera pas sur une approche purement comptable ou court-termiste, mais sur une logique d'efficacité sociale centrée sur les besoins du citoyen pour restaurer la confiance publique.
L'un des axes majeurs de cette transition réside dans l'extension de la couverture au secteur informel et aux nouvelles formes d'emploi. Cette intégration, pensée comme une transition d'une logique sélective vers une approche universelle des droits, s'accompagnera d'un renforcement des mécanismes de contrôle pour endiguer l'évasion sociale et optimiser le recouvrement des cotisations.
Parallèlement, la Tunisie s'apprête à finaliser deux projets de loi pionniers encadrant le télétravail dans le secteur privé et l'économie des plateformes. Ces cadres législatifs répondent à une double nécessité : sécuriser les parcours professionnels des travailleurs de l'écosystème numérique tout en offrant une flexibilité structurée aux entreprises.
Cette dynamique tunisienne fait écho aux défis partagés par l'ensemble de la région MENA. Comme l'ont souligné les dirigeants de Mena Money et de l'Association arabe de la sécurité sociale, la viabilité des modèles de protection sociale face aux chocs économiques et à la révolution technologique dépendra de la modernisation de leur gouvernance et de leur capacité d'adaptation institutionnelle.
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