Afrique de l'Ouest: Migration irrégulière - ADHA invite le Parlement de la CEDEAO à renforcer le contrôle des États

20 Juillet 2026

L'organisation Action pour les Droits Humains et l'Amitié (ADHA) appelle le Parlement de la CEDEAO à aller au-delà des campagnes de sensibilisation sur la migration irrégulière et à mettre davantage l'accent sur l'évaluation des politiques publiques et la redevabilité des États membres.

Dans un communiqué publié ce lundi, l'organisation réagit à la session du Parlement de la CEDEAO consacrée aux échanges entre parlementaires et citoyens sur les dangers de la migration irrégulière et de la traite des personnes, ainsi qu'aux rencontres organisées à Thiaroye-sur-Mer.

Si ADHA salue cette initiative de proximité, elle estime que les efforts doivent désormais se concentrer sur le bilan des actions entreprises. « Après près de vingt ans de campagnes de sensibilisation, le véritable enjeu n'est plus d'identifier les causes de ces phénomènes, largement documentées, mais d'évaluer l'application des lois, le respect des engagements des États et l'efficacité des politiques publiques », souligne l'organisation.

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L'association insiste également sur la nécessité de distinguer les différents phénomènes liés aux migrations. Elle rappelle que la migration irrégulière, le trafic illicite de migrants, la traite des personnes et les déplacements provoqués par l'érosion côtière relèvent de cadres juridiques distincts, encadrés notamment par les Protocoles de Palerme, la loi sénégalaise n° 2005-06 du 10 mai 2005 et la Convention de Kampala.

Selon ADHA, une approche uniforme de ces problématiques risque de compromettre l'efficacité des politiques publiques et la protection des personnes concernées.

L'organisation estime que la principale valeur ajoutée du Parlement de la CEDEAO réside dans ses missions de contrôle, d'évaluation et de suivi de l'action des États membres. Elle considère que la sensibilisation, bien qu'utile, ne peut constituer à elle seule une politique publique.

ADHA plaide ainsi pour des résultats concrets, notamment une application effective des lois, un renforcement de la protection des victimes de la traite, une lutte plus efficace contre les réseaux de trafic illicite de migrants, des réponses adaptées aux déplacements liés à l'érosion côtière et des politiques ambitieuses en matière de formation, d'emploi et d'inclusion économique des jeunes.

Dans cette perspective, l'organisation invite le Parlement communautaire à évaluer l'application des législations nationales sur le trafic illicite de migrants et la traite des personnes, à renforcer le contrôle de la mise en oeuvre des engagements communautaires et internationaux des États membres et à promouvoir des politiques publiques différenciées fondées sur les droits humains, les données probantes et la redevabilité.

Pour ADHA, « la crédibilité de la gouvernance migratoire ne se mesurera pas au nombre d'ateliers organisés, mais à la capacité des institutions à garantir l'effectivité du droit, à protéger les personnes et à apporter des réponses durables aux causes profondes de ces phénomènes ».

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