Centrafrique: Le coût élevé de la vie à Birao, ville du nord-est confrontée à un enclavement grandissant

Dans le nord-est de la République centrafricaine, le coût de la vie devient de plus en plus problématique pour les habitants de Birao, ville handicapée par une insécurité persistante et la forte dégradation des infrastructures routières. Reportage.

Le visage fermé, Omar Alfachine Ali, délégué des commerçants de Birao, ouvre sa boutique, une construction en bambou. Les produits qu'il importe habituellement du Tchad et du Soudan arrivent difficilement à cause du mauvais état des routes, dans cette partie de la Centrafrique. « Si on achète les produits au Tchad, arrivés à la frontière, on utilise des chevaux attelés à des charrettes, qui ne transportent pas plus de 500 kilos, pour les amener à Birao, explique-t-il. Ils font plusieurs allers-retours sur 150 kilomètres. Et le coût est extrêmement cher. Les transporteurs et les commerçants évoluent dans l'insécurité. Quitter par exemple la ville de Ndélé [plus au sud-ouest, NDLR] pour Birao, c'est risqué sa vie ».

Pour compenser ces difficultés, les commerçants répercutent les coûts du transport sur les prix. Des tarifs supérieurs aux plafonds fixés, par le ministère du Commerce. Omar Alfachine Ali souligne : « Par exemple, en saison sèche, le sac de ciment coûte 25 000 francs CFA [38,11 euros, NDLR]. En saison pluvieuse, il coûte 35 000 CFA [53,35 euros, NDLR]. Le sac de l'oignon est à 10 000 FCFA [15,24 euros, NDLR]. Mais, actuellement, il coûte entre 40 000 et 50 000 FCFA [entre 60,97 et 76,22 euros, NDLR]. Le sac de sucre, lui, est passé de 40 000 à 60 000 FCFA [91, 46 euros, NDLR]. »

« On ne mange plus à notre faim »

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De quoi rendre la vie difficile aux habitants, comme Mariam Ali, pour qui chaque passage au marché est devenu un véritable exercice de calcul. « C'est un sérieux problème, soupire-t-elle. Les prix des marchandises et des produits alimentaires ont triplé. On ne mange plus à notre faim. C'est impossible de vivre avec moins de 7 500 FCFA [11,43 euros, NDLR] par jour à Birao ».

Le gouverneur de la région, Thierry Evariste Binguinendji, affirme que la réhabilitation des routes est en cours et que tous ces problèmes de transports seront terminés d'ici un an.

En République centrafricaine (RCA), Birao est aujourd'hui l'une des villes où le coût de la vie est le plus élevé. Située à plus de 1 300 kilomètres de la capitale, à proximité des frontières soudanaise et tchadienne, cette ville du nord-est du pays est confrontée à un enclavement grandissant. Autrefois approvisionnée par les échanges transfrontaliers et les principaux axes routiers, Birao est aujourd'hui presque isolée en raison de l'insécurité persistante et de la forte dégradation des infrastructures routières.

Les rares transporteurs qui ravitaillent encore la ville empruntent des itinéraires dangereux, au risque d'être victimes d'attaques armées. À cela s'ajoute un unique vol humanitaire hebdomadaire, insuffisant pour répondre aux besoins de la population. Résultat : les denrées alimentaires et les produits de première nécessité se raréfient, tandis que leurs prix flambent, mettant à rude épreuve le quotidien de milliers d'habitants.

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