Le Wildlife Ranger Challenge 2026 est officiellement lancé, ce 21 juillet, avec un constat préoccupant : l'Afrique ne dispose que d'environ 65.000 gardes forestiers alors qu'il en faudrait près de 345.000 pour assurer une protection efficace de ses espaces naturels. Depuis 2020, cette initiative panafricaine a permis de mobiliser plus de 25 millions de dollars au profit des équipes de terrain.
Le Wildlife Ranger Challenge 2026 a été lancé ce 21 juillet avec un double message : célébrer l'engagement des gardes forestiers africains et attirer l'attention de la communauté internationale sur le déficit critique de personnel chargé de protéger les écosystèmes du continent.
Organisée par Tusk et la Game Rangers Association of Africa (GRAA), cette septième édition intervient après un résultat majeur : plus de 25 millions de dollars ont été collectés depuis la création de l'initiative en 2020. Ces ressources ont permis de financer la formation, l'équipement, le bien-être et les technologies mises à la disposition des gardes forestiers engagés dans la protection de la biodiversité africaine.
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Les chiffres restent toutefois alarmants. Selon les organisateurs, l'Afrique ne compte actuellement qu'environ 65.000 gardes forestiers terrestres et marins, alors que les besoins sont estimés à 345.000 pour assurer une gestion efficace des aires protégées du continent. Cette pénurie intervient dans un contexte où les missions des gardes forestiers deviennent de plus en plus complexes.
Outre la lutte contre le braconnage, ils sont confrontés à la criminalité organisée liée au trafic d'espèces sauvages, aux conflits armés, aux effets du changement climatique ainsi qu'à la pression croissante exercée sur les espaces naturels. Ils participent également à la collecte de données scientifiques, aux interventions d'urgence, à la sensibilisation des communautés et à la prévention des conflits entre les populations et la faune sauvage.
Durant les deux prochains mois, plus de 2000 gardes forestiers issus de plus de 150 équipes représentant plus de vingt pays africains prendront part à une série d'épreuves physiques et intellectuelles. La campagne culminera le 19 septembre avec une course simultanée de 21 kilomètres réalisée dans plusieurs aires protégées d'Afrique, les participants transportant leur équipement opérationnel.
Le Président-directeur général de Tusk, Charlie Mayhew, estime que les 25 millions de dollars déjà mobilisés constituent une étape importante, sans pour autant masquer l'ampleur des besoins. Selon lui, les gardes forestiers demeurent parmi les professionnels les moins reconnus de la conservation alors qu'ils assurent quotidiennement la protection de la faune sauvage, le soutien aux communautés locales et la préservation de paysages essentiels à l'équilibre environnemental.
Pour Louise de Bruin, Directrice générale de la Game Rangers Association of Africa, le défi constitue également une occasion de renforcer la sécurité, le bien-être et la reconnaissance des gardes forestiers africains, dont le travail demeure indispensable à la protection du patrimoine naturel du continent.
Au-delà de la collecte de fonds, le Wildlife Ranger Challenge a également favorisé la mise en oeuvre de l'Initiative sur les normes de bien-être des gardes forestiers, lancée en 2024. Celle-ci a déjà permis à près de 6300 gardes d'accéder à une couverture d'assurance, avec un objectif fixé à 10.000 bénéficiaires d'ici à 2030. Les organisateurs rappellent que les forêts, les zones humides, les prairies et les littoraux représentent un pilier majeur de l'économie africaine.
En Afrique subsaharienne, près de deux personnes sur trois dépendent directement des ressources naturelles pour leur subsistance, tandis que plus de 60% du Produit intérieur brut (PIB) du continent repose sur la nature. Le tourisme lié à la faune sauvage génère à lui seul près de 168 milliards de dollars par an. L'ensemble des fonds récoltés dans le cadre du Wildlife Ranger Challenge est reversé directement aux organisations participantes, afin de renforcer les capacités opérationnelles des gardes forestiers et d'améliorer leurs conditions de travail, dans l'objectif de préserver durablement les écosystèmes dont dépendent des millions d'Africains.