Le Sénégal a annoncé le 20 juillet 2026 son soutien à la candidature au poste de Secrétaire général de l'ONU de Macky Sall, trois jours après une rencontre à Dakar entre l'ancien chef de l'État et son successeur Bassirou Diomaye Faye. Ce revirement peut-il avoir une incidence sur les chances de l'ex-président ?
Le Sénégal - et le président Bassirou Diomaye Faye l'a exigé - doit désormais mener campagne pour son ancien chef de l'État. Pour autant, Macky Sall, président de 2012 à 2024 et qui brigue désormais le secrétariat général de l'Organisation des Nations Unies (ONU), doit-il aller chercher en plus le soutien de l'Union africaine pour asseoir sa candidature à l'ONU ?
« Le candidat n'a pas besoin du soutien officiel de l'UA », estime de son côté Paul-Simon Handy. « Un nouveau vote demandé par Dakar [à l'Union africaine, sur le soutien à apporter à cette candidature, NDLR] deviendrait, en cas de rejet, un caillou dans le parcours diplomatique, jusque-là stratégiquement bien mené, de Macky Sall », ajoute le chercheur.
Le rôle du Conseil de sécurité de l'ONU
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Macky Sall se présente comme le candidat du consensus auprès des membres permanents du Conseil de sécurité, qui, avec leurs droits de veto, seront la clé du vote prévu fin décembre.
Rencontre avec le président français Emmanuel Macron le 3 juin, avec le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi le 29 juin : Macky Sall tisse sa toile face aux deux principaux candidats, l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet et l'Argentin Rafael Grossi - l'actuel président de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) bénéficierait du soutien des États-Unis mais serait retoqué notamment par la Russie.
En mars dernier, vingt pays de l'UA, notamment le Nigeria, avaient refusé de soutenir Macky Sall. Officiellement pour respecter la coutume qui veut qu'il y ait une rotation par continent pour désigner le Secrétaire général de l'ONU et que ce serait désormais le tour de l'Amérique latine.
Le journaliste Francis Kpatindé rappelait néanmoins sur RFI que « dans les coulisses de l'ONU, il se murmure que le Nigeria serait prêt à présenter un nouveau candidat en cas de rejet de tous les autres. En l'occurrence l'actuelle vice-secrétaire générale de l'ONU, l'adjointe d'António Guterres, la Nigériane Amina J. Mohammed ».