Au terme d'une mission de terrain de haut niveau menée du 13 au 18 juillet dans quatre régions du Sénégal, la Coordinatrice résidente de la FAO au Sénégal, Bintia Stephen-Tchicaya, dresse un constat encourageant sur les progrès réalisés par les femmes rurales dans la transformation des systèmes agroalimentaires. Cette tournée s'inscrivait dans le cadre du lancement de l'Année internationale des agricultrices 2026, placée sous le thème : « Reconnaissance et autonomisation des femmes dans les systèmes agroalimentaires ».
Durant six jours, la délégation a visité plusieurs initiatives soutenues par la FAO et ses partenaires, notamment le centre d'incubation de Kaydara à Fimela, l'unité de transformation d'Ida Mouride à Kaffrine, le site ostréicole de Némabah à Toubacouta ainsi que des fermes agroécologiques à Notto Diobass et Ndoffane. Ces projets illustrent les efforts engagés pour renforcer l'autonomisation économique des femmes, promouvoir une agriculture climato-intelligente et créer des emplois verts.
« Le bilan est positif », résume Bintia Stephen-Tchicaya. La responsable onusienne se dit particulièrement impressionnée par l'appropriation des techniques diffusées par la FAO. « Les femmes ont non seulement appliqué les bonnes pratiques qui leur ont été enseignées, mais elles sont aujourd'hui devenues des formatrices au sein de leurs communautés. Elles transmettent leurs connaissances à d'autres femmes et aux jeunes qui souhaitent s'engager dans la transformation des produits agricoles, de la production jusqu'à la commercialisation », souligne-t-elle.
La mission a également permis de mesurer l'impact concret des investissements réalisés avec l'appui de partenaires tels que l'Union européenne, le Canada, le Québec, l'Irlande et l'Agence de la Grande Muraille Verte. Dans plusieurs localités, les femmes ont témoigné de l'augmentation de leurs rendements grâce à l'agriculture de précision, à l'agroécologie et aux pratiques climato-intelligentes. Certaines sont désormais pépiniéristes, productrices de semences ou transformatrices de produits agricoles, générant ainsi de nouveaux revenus et des emplois durables.
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Malgré ces avancées, des défis majeurs persistent. L'accès à la terre demeure la principale préoccupation exprimée par les groupements féminins, aux côtés du financement et de l'acquisition d'équipements adaptés. « Nous avons pris bonne note de ces préoccupations. Notre engagement est de poursuivre la mobilisation des ressources afin d'accompagner davantage ces femmes, dont le nombre ne cesse d'augmenter », assure la Coordinatrice résidente.
La FAO entend également étendre ces approches à d'autres régions du pays, notamment dans la zone de la Grande Muraille verte grâce au Fonds vert pour le climat, afin de promouvoir l'agroforesterie et la valorisation des produits forestiers non ligneux.
Pour Bintia Stephen-Tchicaya, ces actions s'inscrivent pleinement dans la Vision Sénégal 2050, qui fait de la souveraineté alimentaire une priorité nationale. « Lorsqu'on investit dans une femme, on investit dans toute une communauté », rappelle-t-elle, estimant que les résultats observés démontrent déjà un changement tangible dans les conditions de vie des bénéficiaires.
Refusant de désigner un site plus marquant qu'un autre, la responsable de la FAO préfère saluer « le courage et le dynamisme » des agricultrices rencontrées tout au long de la mission. Elle lance enfin un appel aux médias à mieux valoriser leur contribution : « Ce sont des femmes qui travaillent énormément. Elles méritent que leur engagement soit davantage mis en lumière. »