En Éthiopie, le parti d'opposition, le Parti révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRP), a accusé mardi 22 juillet 2026 le gouvernement fédéral de pousser le Tigré vers une nouvelle guerre. En cause : une manifestation organisée le week-end dernier à Addis-Abeba par le gouvernement, pour dénoncer l'enrôlement forcé au Tigré de la part du TPLF (Front de libération du peuple du Tigré). Pour le parti d'opposition, le gouvernement fédéral use d'une « rhétorique similaire » à celle qui a précédé le déclenchement de la guerre de 2020.
« L'Éthiopie ne peut plus supporter de bain de sang ». Dans son communiqué, l'EPRP s'alarme de l'escalade des tensions entre Addis-Abeba et Mekele, capitale du Tigré. Pour le parti d'opposition, le contexte actuel est identique à celui d'avant la guerre en 2020. « Les médias du régime mènent une campagne de propagande », qui « prépare psychologiquement l'opinion publique à la guerre », déplore l'EPRP.
Lors de la manifestation organisée samedi par une formation tigréenne proche du gouvernement, Getachew Reda - ancien président de l'administration intérimaire du Tigré devenu ministre au sein du gouvernement fédéral - a fustigé l'attitude du TPLF, « parti illégal », a-t-il précisé. Depuis plusieurs mois, une campagne de conscription forcée, dénoncée notamment par des ONG éthiopiennes et Human Rights Watch, est en cours dans la région. Le TPLF a toujours démenti.
Dimanche, son président Debretsion Gebremichael a martelé la position du parti : « la souveraineté du Tigré ne sera pas garantie par la paix », a-t-il déclaré. Il a aussi exhorté les Tigréens à « restaurer leur honneur », en se préparant à défendre la souveraineté de la région.
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