Madagascar: La société civile exige «de vraies enquêtes» suite à deux nouveaux décès inexpliqués

À Madagascar, deux nouveaux décès inexpliqués sèment l'effroi. Le corps d'une femme de 27 ans a été retrouvé le 21 juillet dans la région Fianarantsoa, au lendemain de la découverte le 20 juillet de la dépouille d'un étudiant de 22 ans dans une rivière en périphérie d'Antananarivo. Leurs proches avaient signalé leurs disparitions sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, de nombreuses voix de la société civile ont pris la parole mardi, reprochant à l'État son impuissance face à la vague de disparitions et de crimes qui touche Madagascar depuis début juillet.

Ny Aina Andrimasinavalona préparait un mémoire d'informatique. Hortensia Mandrosovoatra venait, elle, de soutenir une thèse de médecine. Leurs décès, dans des circonstances encore à éclaircir, ravivent peur et colère à Madagascar.

Elliot Randriamandrato, porte-parole de la Gen Z, lance : « Je suis complètement indigné. Les jeunes sont en danger quasiment tous les jours, en allant étudier, en allant travailler ou ne serait-ce qu'en sortant. On demande le minimum : être protégés en tant que jeunes, pour qu'on puisse profiter de nos libertés, aller travailler, juste vivre tranquillement. On exige d'avoir de vraies enquêtes sur ces affaires de disparitions, et non de s'adonner simplement à des discours politiques en disant qu'il s'agit d'une déstabilisation. On veut savoir qui sont les responsables, retrouver les meurtriers, avoir une vraie justice, des procès transparents. »

« À force de ne pas être entendue, la population risque de se faire justice elle-même »

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Mbolatina Raveloarimisa, personnalité engagée dans la défense des droits humains, demande au chef de la transition et à ses quatre hauts-conseillers de décréter un État d'urgence sécuritaire : « La situation tarde à trouver une réponse adéquate et sérieuse de la part de nos dirigeants, qui sont cinq militaires. Les réponses ne sont pas proportionnelles à la gravité de la situation. On a un peu l'impression que la police nationale se bat seule avec très peu de moyens. Une communication périodique et claire par rapport aux enlèvements et aux morts devrait aussi être une priorité de l'État. »

Elle poursuit : « Ce que je crains le plus et qui est déjà en train de commencer, c'est qu'à force de ne pas être entendue, la population en arrive à se faire justice elle-même. Je crains qu'il y ait des dérives, que des personnes innocentes soient victimes de la vindicte populaire, parce que la population n'a plus confiance en la justice et parce que les mesures prises ne sont pas à la hauteur de la douleur et de la gravité de la situation. Or, c'est le rôle premier de l'État de veiller à la sécurité de chaque personne. »

La Première ministre Mamitiana Rajaonarison a annoncé mardi la présentation prochaine d'un rapport revenant à la fois sur les cas de meurtres et de disparitions et sur les actions mises en oeuvre par l'État pour contrer l'insécurité.

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