En Ouganda, la disparition depuis le 10 juillet de Muwanga Kivumbi, haut cadre du parti de Bobi Wine, suscite des inquiétudes au sein de sa formation politique. L'opposant politique avait été libéré sous caution la veille, après six mois de détention pour des faits d'activités subversives qu'il conteste. La police ainsi que l'armée disent ne pas le détenir.
Quelques heures avant sa disparition, un journaliste de CBS FM demandait à Muwanga Kivumbi s'il craignait d'être renvoyé en prison. L'opposant répondait alors qu'il n'avait plus peur. La prison, disait-il, l'avait conforté dans ses convictions, alors qu'il avait été arrêté pour des faits qu'il conteste.
Dans l'après-midi du 10 juillet, alors qu'il quitte Butambala pour Kampala, sa voiture est interceptée à mi-chemin, à Mpigi. Selon ses avocats, des hommes armés, certains en uniforme, le font descendre avant de l'emmener dans une camionnette banalisée. Depuis, plus aucune trace officielle de vie.
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Dans un post sur son compte X daté du 21 juillet, Bobi Wine a affirmé avoir reçu des rapports attestant que le cadre de son parti aurait été torturé « jusque proche de la mort » et qu'il serait actuellement gardé au secret. « Où se trouve Muwanga Kivumbi ? », s'interroge alors le principal opposant au président ougandais, Yoweri Museveni.
Pour Livingstone Sewanyana, défenseur des droits humains, ce cas s'inscrit dans un phénomène croissant de disparitions forcées et de détentions dans des lieux non officiels, où les opposants sont privés de toute protection contre les mauvais traitements.
De son côté, l'analyste Godber Tumushabe voit en cette disparition une stratégie d'intimidation plus large. Vice-président de la Plateforme pour l'unité nationale (NUP) pour le Buganda, principal bastion du parti, Muwanga Kivumbi appartient au premier cercle de Bobi Wine. Sa disparition prive donc l'opposition d'un dirigeant influent et vise, selon l'analyste, à affaiblir toute résistance au pouvoir.
Les avocats de Muwanga Kivumbi ont saisi la justice pour obliger les autorités à révéler où il se trouve et à le présenter devant un juge. Contactée par RFI, la police affirme ne pas le détenir. L'armée affirme pour sa part ne pas connaître les circonstances entourant son arrestation présumée ou sa disparition.