Afrique du Sud: Les manifestations anti-migrants provoquent des pénuries de main-d'oeuvre dans les fermes

Des milliers de manifestants anti-immigration se rassemblent dans le centre-ville de Johannesburg.

Selon les données de plusieurs pays africains, plus de 150 000 ressortissants auraient quitté l'Afrique du Sud face à cette nouvelle vague de xénophobie qui touche le pays et qui a déjà fait au moins quatre morts, selon les autorités sud-africaines. Poumon économique du pays, la nation arc-en-ciel attire de nombreux étrangers en quête d'une vie meilleure, mais les manifestants leur attribuent tous les maux de la société, alors qu'ils ne représentent que 5 % de la population et que le chômage, lui, dépasse les 30 %. Dans certaines fermes, ces départs de masse créent des pénuries de main-d'oeuvre.

Plusieurs agriculteurs sud-africains commencent à tirer la sonnette d'alarme, explique Lloyd Hadebe, président adjoint de l'Association des agriculteurs (Afasa) du KwaZulu-Natal, région la plus touchée par les manifestations anti-immigration.

« Nous n'avons pas encore de chiffres précis, car nous sommes encore en train de quantifier le phénomène. Mais il y a déjà des situations de pénurie de main-d'oeuvre dans les exploitations de canne à sucre, par exemple, car ce sont des secteurs qui nécessitent une main-d'oeuvre physique presque quotidiennement », souligne-t-il.

Immigration, corruption et tensions autour du marché du travail

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Cette situation alimente de nombreux débats brûlants. Certains accusent les agriculteurs d'engager des immigrés en situation irrégulière pour les payer moins cher. D'autres pointent du doigt les pressions économiques et les difficultés de régularisation. Elle illustre surtout des services d'immigration sud-africains particulièrement défaillants et gangrénés par la corruption.

« Nous allons tenter d'échanger avec le gouvernement pour qu'il renforce nos lois sur l'immigration, mais aussi pour qu'il s'efforce de régulariser la situation de ceux qui remplissent les conditions requises pour obtenir un statut légal. Pour mettre fin à ces longs délais d'attente pour ceux qui doivent régler leur situation administrative », explique encore Lloyd Hadebe.

Plusieurs syndicats de travailleurs sud-africains (Safatu ou encore Cosatu) ajoutent que « les frustrations des communautés locales doivent être résolues en réparant l'économie », et non en désignant les migrants comme « boucs émissaires pour des échecs dont ils ne sont pas responsables ».

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