La vie reprend progressivement à Am Dafock, dans le nord-est de la Centrafrique, à la frontière avec le Soudan. Si le marché, les activités agricoles et la circulation, ont redémarré, la population reste marquée par l'attaque de l'Alliance du sursaut patriotique (ASP), mouvement rebelle constitué de Centrafricains et de mercenaires tchadiens et soudanais, le 30 juin. Les rumeurs d'une possible nouvelle offensive y entretiennent un climat de peur. Pour rassurer les habitants, l'armée et ses alliés russes ont renforcé leur dispositif sécuritaire.
Une légère pluie tombe sur Am Dafock, dans le nord-est de la République centrafricaine (RCA). Un groupe de cultivateurs se dirige vers les champs avec des ânes et des chevaux attelés à des charrettes.
Le chemin qu'ils empruntent passe à 500 mètres de la frontière avec le Soudan, d'où sont venus les rebelles de l'Alliance du sursaut patriotique il y a trois semaines.
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Abel, l'un des cultivateurs, explique la difficile cohabitation le long de cette frontière : « Vous voyez ces arbres alignés ? C'est la limite entre les deux pays. Coté soudanais, vous pouvez voir un important dispositif armé qui surveille la frontière. C'est difficile pour nous de traverser là-bas. Mais avant cette crise, les Soudanais et même les rebelles faisaient des allers-retours ici sans être inquiétés. »
« Les rebelles déplacent les bornes »
Même si aujourd'hui la frontière entre les deux pays est fermée, les habitants redoutent une menace grandissante, souligne Abel : « Les limites de la frontière ne sont pas vraiment respectées. Ces dernières années, les différentes crises ont fait en sorte que les rebelles déplacent les bornes. Si nous n'y prenons pas garde, ils finiront par occuper une grande partie de notre territoire. Am Dafock est sous menace. »
Avec la guerre qui se poursuit au Soudan, la situation demeure confuse et particulièrement sensible le long de la frontière.
Gervaise, une habitante d'Am Dafock, se dit très inquiète : « Nous avons entendu dire que la plupart des rebelles chassés d'ici se sont retranchés de l'autre côté de la frontière, ainsi que dans la brousse. Nous avons appris qu'ils sont en train de se réarmer pour revenir attaquer la ville. »
Le gouvernement centrafricain affirme avoir renforcé son dispositif militaire dans la région afin de prévenir toute incursion de groupes armés venant du Soudan.